jeudi 20 mai 2021

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 La fatigue est dans mon dos, j’essaie de la distancer, quand tout parait reprendre à folle allure. Après une semaine encore bien intense à Astaffort, rencontre en collège à Rosny-Sous-Bois, puis atelier d’écriture avec les jeunes artistes du MIMA, et rencontre en visio pour la nomination de Duncan au prix du livre audio 2021. Entre temps, parenthèse avec Aude où mercredi matin nous nous réinstallions en terrasse parmi les habitués du Pause Café, rue de Charonne. Puis direction le bureau des Pérégrines où Aude me présente à l’équipe qui s’occupera de mon Petit éloge du baiser. Nous nous arrêtons aussi sur un choix de couve. Je dis aux filles que j’ai hâte que le livre file à l’imprimerie car je suis toujours tenté d’ajouter un petit chapitre - un baiser me passe par la tête, l’intention d’un baiser me frôle, me hante, ou, je me dis : tiens je n’ai pas parlé du baiser de Madonna et Britney Spears aux MTV Awards, ni de cette chanson de Pierre Perret que j’ai découverte récemment et dont j’ai chanté une version impromptue avec Emilie, etc. - bref Sarah me dit au téléphone : « Si ça continue, ça ne va pas être le « Petit éloge », mais « La grande encyclopédie du baiser » !

L’agenda de la rentrée se remplit à ras bord. Rencontres, festivals, ateliers d’écriture. Profiter des plages (de temps libre et d’écriture) cet été pour avancer sur de futurs projets. Je passe mon temps à présenter des excuses à des ami(e)s que je n’appelle jamais parce que 1/ j’ai toujours peur de déranger, 2/ je pense à une personne, je me dis je vais me manifester et je finis toujours par choisir la solitude. De la solitude nait l’écriture aussi bien que dans le tumulte. Et quand les choses apparaissent dans le tumulte, il faut les écrire dans la solitude, en planque, façon terrier de nuages.
Une fille dans la rue me coupe le passage au moment où il se met à pleuvoir à verse. Chevilles nues dans des snickers blanches. Chevilles nues trempées jusqu’aux os. Elle s’engouffre dans une boulangerie. J’y vais aussi, par faim d’entendre sa voix. Juste connaître le son de sa voix quand elle va commander quelque chose. À cause de la pluie et des chevilles nues.

dimanche 2 mai 2021

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Un mec dans la rue qui engueule sa copine en gémissant : « Pourquoi tu chiales ? Tu arrêtes de chialer, d’accord ?». Tout ce que j’ai imaginé, du moment et autour, m’a brisé le coeur.
Repassé au peigne fin le texte de « La Princesse qui rêvait d’être une petite fille 2 » avant la mise en pages. Je ne l’avais pas relu depuis son écriture en août, et je redécouvrais le texte comme un enfant le lirait. C’est peut-être d’ailleurs le secret d’un livre jeunesse : l’écrire comme un enfant, avec un appétit d’enfant, puis le relire avec des yeux d’enfant. Et aussi je dirais que dans mes livres jeunesse j’essaye de toucher un enfant absolu, qui serait en marge des autres enfants dans sa façon de ressentir les choses, un enfant déjà un peu adulte, mais aussi un adulte totalement en marge des autres adultes pour la part d’enfance qu’il n’a jamais quitté. J’essaye de révéler cette sensibilité là, de créer un monde plus vivable pour ces enfants et ces adultes-là.
Envoyé aussi la version méga ultime de mon petit éloge du baiser. J’ai réécrit de fond en comble un chapitre qui ne me satisfaisait pas et qui de toute façon était celui sur lequel Aude émettait un bémol, et j’ai ajouté quatre petits haïkus qui m’ont paru nécessaire, pour visser le projet. Est-ce parce que j’ai travaillé sur les haïkus il y a 15 jours avec les stagiaires de mon stage de songwriting à l’école Les Mots ? Certainement. Les merveilles qui sont sorties de ce galop d’une semaine m’ont mis le pied à l’étrier. Animant des ateliers d’écriture depuis 5 ans maintenant et travaillant beaucoup sur les haïkus, je n’en ai jamais écrit ou publié, ce sera la première fois dans ce petit éloge. Je ne sais pas s’ils sont parfaits, mais je me fous de la perfection, je n’ai pas envie qu’elle m’écrase. Du moment qu’ils sont viscéraux, qu’ils devaient être écrits pour étancher une certaine mélancolie, un trouble ou une absence, qu’ils produisent suffisamment de feu quand je les relis et que le texte final n’attendait qu’eux pour être définitivement bouclé, ça me va.
Paris cette semaine, et puis ensuite, les routes qui s’ouvrent à nouveau.

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Nouvelle salve d’envois de mes manuscrits. Je vais sur le site d’une grande maison pour avoir le mail d’un contact à qui envoyer mes projets...