Writers life (272)
Parce que j’ai boudé des propositions qui m’ont été faites, je m’aperçois que je cherche plus qu’une publication pour le texte de mon prochain roman, je cherche une maison d’édition qui me propose des perspectives.
Ce qui reste beau avec le livre, le roman, c’est le rapport à l’objet. On est pas obligé de le consommer tout de suite. Il ne va ni fondre comme un ice-cream, ni dépérir comme une rose. On peut le garder près de soi un moment comme un talisman. La promesse du texte, son désir de mots choisis, infusent dans le quotidien. Écrire des romans et chercher à publier c’est aussi tenter de créer des objets sensibles. De la magie de chevet.
L’autre jour, au salon du livre de Villers-sur-Mer, une visiteuse s’est exclamée en découvrant mes livres : Oh vous avez de si beaux titres ! J’ai pris ça comme le plus merveilleux des compliments. J’avais notamment sur la table : Neuf rencontres et un amour, Un furieux besoin d’élégance, et L’âge des amours égoïstes.
L’effervescence des rentrées littéraires me manque mais en observant cela depuis le banc de touche, je me dis : Quel cirque cruel !
Déjeuner à Deauville avec David de la Librairie du Marché et Line qui est venue dédicacer son nouveau roman : Hanoï Stories. Le soir, nous sommes allés voir le film d’Olivia Wilde : The invitation, au festival du film américain dans la magnifique salle du CID. Avons assisté à une remise de récompense à la jeune actrice Sophie Thatcher pour le film de Nicolas Winding Refn : Her Private Hell. Le discours du réalisateur à son actrice était superbe. Il a dit que depuis qu’elle est devenue très amie avec sa fille elles partageaient toutes les deux une application de géolocalisation sur téléphone, donc il saurait toujours où la trouver, et serait toujours prêt à veiller sur elle, à la protéger.
Et comme dans les milieux artistiques il est facile de disparaître, je veux dire, vous pouvez prendre le large pour un tas de raisons, ou alors le manque d’intérêt soudain qu’on vous porte peut tout aussi vous faire disparaître, Nicolas Winding a terminé son discours en disant à Sophie Thatcher : Si tu disparais, je serais toujours là pour venir te chercher.
J’ai trouvé ça puissant, et incroyablement beau.
