Writer’s life (201)
Un auteur annonce à qui veut l’entendre : « on dit de moi que je suis la meilleure surprise de la rentrée littéraire ». Pour aller dans son sens, j’ai mimé la surprise.
Azouz (Begag) me dit que contrairement à moi il vient d’un milieu où on avait difficilement accès à la littérature, et qu’il n’a pas lu des tas de livres durant son adolescence. Détrompe-toi, lui dis-je, jusqu’à 19 ans je ne lisais que des Marvel et des Blueberry. En +, mes parents n’étaient pas du tout de ce milieu. Mon père était pilote de ligne. Azouz me regarde avec un grand sourire : Mais, Jérôme, pilote de ligne(s), pour un écrivain, c’est tellement prédestiné !
J’ai la sensation de traverser des mondes très différents - visages, projets, rencontres, comme des micro tournages de films aux émotions très fortes - et à chaque fois on me demande d’être intense, d’être intense tout le temps, sans que je trouve une seule journée de répit, mais peut-être est-ce le répit qui fera remonter d’un coup toute la fatigue que, pour le moment, je distance. Et dans les interstices, la création tout le temps, l’écriture, les idées et les mots.
Je traverse Paris en écoutant All too well de Taylor Swift, Sad Girl Autumn Version. Bon, ce sont les mêmes accords que Let it be, mais tant mieux. Et puis j’adore Taylor Swift, j’adore sa trogne sur la pochette, ses cheveux merveilleux et tout ce qu’elle propose depuis qu’elle travaille avec The National.
Deux seuls jours de libre dans un planning et Rodolphe me cale un mini séminaire d’écriture de chansons à l’autre bout de la France. Je lui dis : «Tu sais que je passe ma vie dans les trains ? ». Il répond : « Oui, les agents de la SNCF aussi ! »
Manon que je croise dans un festival du livre me dit : Tu es comme moi, tu es tout le temps intense. Je lui réponds : oui. Et elle me dit : le problème c’est que souvent les gens prennent ça pour de la drague. Alors que non. Enfin, parfois oui.