mercredi 26 mars 2025

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Toujours pas décidé pour mon prochain roman. Éditeur ? Agent ? Je suis disposé à le faire lire à untel, et trois heures plus tard je rencontre une personne qui m’en dit les pires horreurs. Il n’y a donc personne dont le travail fait l’unanimité (à l’exception de ma dentiste dont les avis sur google sont un véritable Hall of Fame). J’ai toujours observé avec étonnement comment une seule et même personne peut produire des variations extrêmes de ressenti. Même sentiment quand vous vous prenez d’amitié pour quelqu’un et que vous apprenez qu’il est lié avec un autre que vous considérez comme la dernière des crapules. Dans ces cas-là, ma première réaction - suite à mon désarroi - est celle d’un chat : la fuite ! 

Message d’une amie qui a commandé : « Un furieux besoin d’élégance »  (à la librairie du Printemps Nation) et qui a reçu l’un des exemplaires que j’avais dédicacé à une libraire. J’ai déjà eu un cas similaire il y a quinze jours à Bondues avec une lectrice tout aussi désarçonnée. Je ne comprends pas le circuit qui s’opère si vous commandez un livre neuf et recevez un service de presse. Quoiqu’il en soit, manque total d’élégance, délit flagrant d’inélégance, de la part de cette Nathalie. Hum…

Répondu à une interview sur RCF ( toujours de supers interviews) et une autre pour un webzine où on m’interroge sur la création. J’ai suggéré qu’il fallait savoir s’entourer de personnes inspirantes. Mais s’entourer de personnes inspirantes ne veut pas forcément dire les fréquenter en permanence. Ce serait sans doute épuisant. C’est une question de distance (le souci de Giacometti avec son modèle, sa sculpture, et sa pensée, dont je parle dans mon roman : 37, étoiles filantes). Il faut savoir préserver sa solitude car c’est dans la solitude que les choses peuvent apparaître et se sculpter.  Mais il n’y a rien de plus triste qu’une solitude vide. Ce qu’il faut, c’est une solitude peuplée de personnes inspirantes. En ce qui me concerne, par exemple, il y a des personnes qui au cours de mes pérégrinations dans l’existence me marquent, ou me bouleversent - même un court instant - et auxquelles je n’arrête pas de penser, ou que j’essaye d’approcher ou d’enlacer, phrase par phrase, dans l’écriture de mes romans successifs. 


#writerslife 

dimanche 2 mars 2025

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Je l’évoque à la fin de Neuf rencontres et un amour, mais jusqu’à présent j’avais du mal à expliquer en un flash ce qui s’est passé le jour où dans une rencontre littéraire un modérateur et un auteur, ligués ensemble, ont passé leur temps à débiner mon livre prétendant que je racontais n’importe quoi. Pour « 37, étoiles filantes » je n’avais selon eux pas le droit de m’accaparer Giacometti. Je n’avais pas raconté n’importe quoi, et non les gars, et proposais une connaissance sensible de Giacometti puisqu’à l’époque je partageais disons les mêmes préoccupations (une des raisons pour lesquelles je m’étais lancé l’écriture) et je situais l’action à Montparnasse un quartier que je connais par coeur contrairement aux ronchons ternes et furieux qui me harcelaient en public. Du mal à expliquer le traquenard dans lequel j’étais tombé jusqu’à ce week-end et la scène hallucinante où Zelinski se fait tomber dessus par Vance et Trump. Le passage où un journaliste à leur solde cartonne Zelinski sur le fait qu’il ne porte pas de costume convoque immédiatement une scène d’adolescence où des collégiens se moquent d’un autre parce qu’il n’a pas la tenue adéquate. Scène typique de harcèlement par laquelle beaucoup sont passés. La réponse de Zelinski qui suit son explication est assez géniale, il dit : Peut-être qu’un jour j’aurais un costume plus beau que le vôtre, puis il se reprend pour ne pas paraître aussi arrogant que les bullies et précise : ou peut-être beaucoup moins cher. À ma petite échelle d’écrivain troubadour, les organisateurs qui avaient eu vent de la tentative d’humiliation publique sont venus s’excuser (contrairement au modérateur et à l’auteur ligués contre moi). Par la suite, je n’ai plus jamais été invité à cet événement. Derniers coups de pinceaux à mon prochain roman. Quand un roman est fini ? Quand toutes les idées nouvelles qui surgissent font tâche dans le projet qui se termine. Le temps des démarchages commence - trouver une sortie - rapide j’espère - quelque part d’idéal. J’ai animé ces jours-ci un grand nombre d’ateliers d’écriture en visio : avec le Cifap pour la chanson, l’école Les Mots pour le roman jeunesse.

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Nouvelle salve d’envois de mes manuscrits. Je vais sur le site d’une grande maison pour avoir le mail d’un contact à qui envoyer mes projets...