vendredi 28 avril 2023

237

 Tombé par hasard en allumant la télé sur un doc où apparaît michel Delpech. Je me souviens que ma mère aimait beaucoup ce chanteur, et j’ai pensé : dommage qu’elle n’ait plus été de ce monde quand il a chanté un de mes textes. Puis j’ai vérifié les dates, la chanson « Des compagnons » est sortie en 2009 et ma mère est morte en 2014, donc bien sûr qu’elle l’a écoutée, ce dont je n’ai pas spécialement gardé mémoire. Vu mon excès de pudeur qui avait tendance à fuir tous les commentaires de mes parents sur mon travail, j’ai dû lui dire : « Tiens, voilà, Michel Delpech chante cette chanson que j’ai écrite », et j’ai dû fuir à l’autre bout de la planète pendant qu’elle l’écoutait.

Le cheminot de la Gare de l’Est qui, avec son bonnet sur la tête, ressemble comme deux gouttes d’eau à Orelsan.
Rue Saint-Denis, une file pas possible devant l’entrée du Musée de l’illusion, comme une bande de spermatozoïdes aux portes d’entrée de la vie.
Tous ces types qui suivent du regard la serveuse de la Trattoria de la rue des Écoles. Sur une échelle de 1 à 10 : de la stupéfaction timide à la concupiscence la + carnassière.
À Sciences-Po je dis aux étudiants que la modernité de Fitzgerald c’est qu’il a traversé deux dépressions (celle de sa femme, celle de l’économie) et qu’il a cherché un peu de clarté, du moins un nouvel horizon dans l’écriture. Et nous actuellement que faisons nous dans nos quotidiens à part chercher un peu de clarté ? Une gorgée d’horizon ?
Une étudiante m’avait prévenu et elle l’a fait : j’ai lu mon premier haïku à écriture inclusive. Hum. C’est comme pour un amateur de thé goûter à sa première bière (Pouah !) Après je crois que la poésie se loge autrepart que dans une façon, actuelle ou pas, d’annoter.
Ai corrigé et rendu les épreuves de mon livre sur les chats qui sort le 15 septembre (miaou !)
Ai commencé un nouveau roman jeunesse pour lequel je vais devoir trouver une éditrice ou un éditeur.
Je croise Line en pleine rue au moment où je m’apprêtais à aller acheter son livre qui est sorti mercredi, et que je souhaite lire depuis qu’elle m’en a parlé pour la première fois, en octobre dernier.

lundi 10 avril 2023

236

 Writerslife (236)

Le monde part en sucette, le dalaï-lama aussi, ce qui est abject et totalement déprimant.
Je prends de l’avance dans l’écriture de chansons. Si mon album à venir a un petit retentissement, il faudra trois ou quatre titres supplémentaires pour une version deluxe. Au départ, il y a juste de nouvelles chansons, et puis l’album devient un corps autonome, il faut servir sa densité. Il faut le rendre intéressant.
Une amie m’a rappelé que ma mère est morte un week-end de Pâques. Comme Pâques ne tombe jamais à la même date, je ne sais pas trop à quel moment y penser, soit le week-end de Pâques soit le jour du calendrier en question ; j’ai sans doute résolu le problème en y pensant tous les jours.
C’était horrible et lunaire, ainsi que ça se passe quand vous perdez un parent, mais en raison du week-end férié tout était à l’arrêt, je veux dire ça marchait encore moins bien que ne fonctionne en temps normal le pays, alors ce moment a été encore plus horrible et plus lunaire.
Parfois, il m’arrive de pleurer tout seul, à l’improviste de mes pensées, l’absence de mes parents. Je pense qu’en terme de littérature un livre immense de 600 pages avec à l’intérieur une scène où un type pleure dans un train en pensant à quelque chose de disparu ou qui lui tient à coeur serait vraiment beau. Comme je ne sais pas faire de livres de 600 pages avec une seule scène comme celle-là, j’essaie de faire des livres de 200 ou 300 pages avec plein de scènes comme ça à l’intérieur (du moins, qui étincèlent ou font sens pour moi). En terminant hier mon texte sur les chats qui paraît aux Pérégrines en septembre, j’ai revu Mon voisin Totoro pour écrire un chapitre sur le chat-bus. C’est vraiment un grand film, une relecture d’Alice au pays des merveilles dont l’un des thèmes serait : faire le deuil du deuil impossible (de l’enfance), en cela Totoro a beaucoup de points communs avec Ada ou l’ardeur de Nabokov, et aussi je dirais avec Le Chardonneret de Donna Tartt ou le labyrinthe de Pan de Guillermo Del Toro, je serais tellement tenté de parler de ça cette semaine à Sciences-Po, mais le programme est déjà chargé, comme la semaine qui m’entraîne encore chaque jour à venir dans une aventure et un contexte différent.

mardi 4 avril 2023

235

Bien crevé par tous les divers fronts (festivals du livre /écoles /sciencespo/SACEM/écriture/chansons/ateliers d’écriture/projets de livres etc/ et je voudrais en faire + encore). Dans les classes de CM1/CM2 où je suis allé récemment animer des ateliers de création d’histoires, d’anifaux, ou parler d’Alcie, quand les enfants me demandent quand sortira le tome 3, je leur dis franchement que l’éditeur n’a pas commandé de suite aux deux premiers épisodes ; ce qui me permet d’expliquer ce qu’est un éditeur, et aussi, ce que vaut un auteur.

Beaucoup de lectrices et lecteurs à Livres et vin. Dans le bus du retour de Saumur vers la gare d’Angers, j’ai pris le micro pour le désormais traditionnel speech de retour, petite improvisation maison. Danielle (Moreau) me dit : « Mais c’est un des meilleurs moments, je l’attends chaque année! » Dans le train, conversation intense avec Yarol (Poupaud) et Romain (Sardou), on parle musique, songwriting, et je leur dis : « Mais les gars, vous êtes tellement prêts à écouter mon nouvel album, tellement ! ». En m’ayant vu trimballer tout le week-end mon parapluie de chez Charles Tyrwitt, Romain m’apprend : « Tu es comme Jean Anouilh. Peu importe le temps qu’il faisait, son parapluie ne le quittait jamais pour la raison que dans la vie il faut savoir être prévoyant ! ». À partir du 19 mai, pour mon retour à la chanson, j’aimerais bien faire une sorte de court et régulier journal vidéo, en voix off peut être (l’équivalent des writerslife) pour raconter ce qui arrive (ou n’arrive pas) avec cet album. Interview radio. À la question : Qu’est-ce que les artistes cherchent dans le monde actuel ? J’ai dit : des équipes qui rendent justice à leur travail. Et à la question : Pourquoi la littérature? J’ai répondu : je dirais parce que les gens ne sont jamais aussi sensibles que vous aimeriez qu’ils soient.

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Nouvelle salve d’envois de mes manuscrits. Je vais sur le site d’une grande maison pour avoir le mail d’un contact à qui envoyer mes projets...