lundi 28 janvier 2019

13

Writer’s life (13)
Six mois après sa sortie, toujours de très bons échos de 37, étoiles filantes. On me dit aussi que c’est un livre étourdissant de drôlerie. Encore une fois, je trouve le monde extérieur (pour parler comme Marguerite) tellement sinistre que ce n’est pas pour en rajouter une pelleté dans mon travail. Drôle certes, mais je trouve qu’il y a des passages si tristes dans ce livre. Par exemple, quand Alberto est à la Closerie des Lilas, et se retrouve à table à l’exact opposé de là où est installée Julia. Je pense que du point de vue d’Alberto c’est éperdument triste ce moment. Quand je l’écris, je n’ai qu’une envie, c’est rajouter le plus possible de choses légères ou drôles tellement je trouve ça triste, voire, quand ce genre de trucs m’arrive, irréconciliable de tristesse.
X, qui veut plaire à tout prix, mais qui a la grossièreté des gens qui se fâchent et la vulgarité des gens qui s’affichent.
Croisé Romain (S) qui m’a dit qu’il était tout heureux de faire une nouvelle rentrée littéraire chez Laffont à mes côtés. Sentiment bien réciproque.
Terminé et envoyé ma Nouvelle londonienne pour le recueil « Un couple, une ville » des éditions Charleston. Je quitte toujours à regret l’atmosphère d’une nouvelle, après l’avoir lue et relue encore pour changer un mot par ici, par là. Atteindre la musique exacte. Un peu comme une chanson. Sauf qu’on ne peut pas comme avec une chanteuse ou un chanteur se tenir à côté de chaque lectrice ou lecteur pour savoir si ça sonne parfaitement à sa lecture. Et puis, Il y a quand même un moment où il faut envoyer, comme un plat hors la cuisine dans une salle qu’on espère de grand restaurant (on ne voit jamais la salle à l’avance). Pour un roman, je dirais qu’il faut bien + de temps pour passer à autre chose, quand c’est réussi, il nous habite, nous porte, nous constitue, mais encore une fois si c’est réussi il y a quelque chose d’instantané et de durable à l’intérieur qui doit faire qu’on n’est jamais en mesure de le quitter.
Depuis que je suis dans l’écriture de mon prochain roman, je ne sais pas quand j’ai dormi ? Ah oui, plus tard !

dimanche 27 janvier 2019

12

Writer’s life (12)
Je descends le boulevard Saint-Germain à la nuit tombée avec dans les oreilles la chanson de Richard Ashcroft : A song for the lovers. Bonne expérience !
En traversant la place Saint-Sulpice et me parlant d’un épisode de sa vie, Marie me dit que le chagrin créé les erreurs.
Zoé pense que les hommes écrivains plaisent car c’est une activité virile. Et que Marguerite Duras est aussi, selon elle, dans un rapport d’écriture virile. Pour la raison qu’elle aime comme un homme.
J’étais vraiment fatigué et abattu cette semaine parce que j’ai dû passer sans convalescence de l’intensité mise dans mon prochain roman à l’écriture d’une nouvelle que je voudrais plus légère. J’ai eu du mal en fin de semaine à me mettre dans le rythme, dans le ton, toujours chahuté par les scènes de mon roman que je continue à habiter. J’ai enfin renoué ce weekend avec la possibilité de ce que je voulais faire dans ma nouvelle en cours/fin d’écriture (bien teintée quand même de l’intensité du roman).
Beaucoup de monde malgré le contexte des samedis à Paris au salon de la Mairie du 7. Super organisation. Avec un nombre humain d’auteurs, et éclectique c'est toujours pour le mieux.
Dans les années 90 et 2000, j’étais toujours fourré entre Sèvres-Bab et Odéon, c’était ma maison, le sang de mes nuits. J’aimerais bien reprendre une petite location, même provisoire, dans le quartier, mais c’est tellement cher, si décourageant, pas possible en ce moment. Zoé me dit : Tu devrais trouver une place fixe dans un Journal. Tu leur ferais des billets d’humeurs, des chroniques originales. Il te faudrait un journal avec lequel tu te sentes des affinités et auquel tu puisses proposer tes services.
Je réfléchis et réponds :
-Strange spéciales origines ?

dimanche 13 janvier 2019

11

Writer's life (11)
Travaillé tout le week-end sans dormir quasiment, possédé par mes sujets ; bien avancé sur ma nouvelle à rendre pour un recueil collectif des éditions Charleston, et repris comme un marathonien les 100 pages d’un projet de scénario ; juste une pause pour aller voir la mer (venteuse et grise) avec « Paul » de Big Thief dans les oreilles.
L’autre soir, revu Enguerrand à la dédicace d’Arnaud rue Cler, me suis inquiété parce que je l’ai trouvé bien amaigri. Il m’a répondu « ne t’en fais pas c’est mon amoureuse qui m’a offert un vélo d’appartement et j’ai fondu ». Enguerrand et moi avons convenu que le vélo était dans le trio de tête de la minceur probante juste après le chagrin d’amour/rupture qui fait pas mal fondre aussi. Attends, dis-je à Enguerrand, en 3 le vélo d’appartement, en 2 le chagrin d’amour, et en 1er, proms indétrônable : les prémices en soi d’un amour qu’on pense impossible.
Acheté chez W.H. Smith le nouveau numéro de THE HAPPY READER qui est sans doute l’un de mes magazines préférés. J’ai même acheté plusieurs exemplaires du numéro où il y avait Lily Cole en couverture. My kind of reading and my kind of girl, I suppose.
J’ai pris un verre avec Aïda et Jules, et Jules a dit un truc très juste, parce que je parlais de l’autobiographie de Samuel Fuller qui est extraordinaire et que je voulais lire la bio de Sergio Leone et Jules me dit que les autobios sont toujours bien + intéressantes que les bios parce que la part fictionnelle y est + grande ou du moins bien meilleure. C’est exactement ce que je pense.
Jules pense aussi que de nos jours l’auto-fiction a été remplacée par l’auto-promotion. Oui. Bien sûr.
Élise me dit qu’elle m’observe beaucoup, qu’elle m’étudie, et qu’elle trouve que je vis dans le présent. Comment ça dans le présent, m’insurge-je, moi qui pensais toujours vivre entre le regret et la promesse.

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Nouvelle salve d’envois de mes manuscrits. Je vais sur le site d’une grande maison pour avoir le mail d’un contact à qui envoyer mes projets...