mercredi 17 juillet 2019

41

Writer’s life (41)
« Retrouvez la fosse aux reptiles et les serpents géants », ce n’est pas une annonce pour la rentrée littéraire mais celle d’un cirque 🎪 itinérant qui passe en dessous de ma fenêtre.
Quand je passe dans les rayons d’un magasin et écoute le niveau des textes de la plupart des chansons qui sont diffusées dans les hauts parleurs, souvent cela me met en rogne contre cette industrie de la musique qui est incapable de confier les paroles des chansons aux poètes, et qui participe à l’affadissement de tout, à la vulgarité de ce monde. Je dis ça sans passéisme. Mais franchement, on a besoin d’écouter des choses captivantes. Actuelles et captivantes. Profondes et captivantes. Ça arrive rarement. Penser à écrire une nouvelle, une sorte de dystopie où les directeurs artistiques, les producteurs et certains artistes seraient jugés pour toutes les merdes qu’ils laissent passer. Une dystopie préférable.
La jolie surprise de Marc au JT de France 2. Tout de suite j’ai pensé à ma maman, je veux dire elle aurait été tellement fière et heureuse d’entendre ça. Tout le monde me dit : « C’est génial parce qu’on voyait que Marc est hyper sincère, que ça partait du coeur » et c’est sans doute pour ça que j’ai pensé à ma maman tout de suite. Face aux mots de Marc, je me suis retrouvé comme avec un cadeau merveilleux entre les bras et je voulais lui apporter mais il n’y avait plus de destination.
Je travaille tout le temps. Des projets, des idées, la nécessité d’écrire. Pourtant je reste tributaire d’un succès qui n’arrive pas. Je veux dire, à une échelle qui me permette + de liberté dans le travail. Nous sommes dans une société qui ne prête qu’aux riches. Si demain j’ai envie de faire un spectacle, une comédie musicale, ou un film avec « 37, étoiles filantes », « L’appel de Portobello Road », une série avec « Pagaille monstre » par exemple, ça va être la croix et la bannière. Si j’obtient une grande notoriété ou ai un succès de dingue, ce sera tellement plus facile. Enfin, c’est ce que je pense. Et ce que j’expérimente aussi. On ne prête qu’aux riches. Après, n’est-ce pas une vue de l’esprit parce que je visite parfois le succès en touriste, alors j’embellis les choses comme on tombe dingue amoureux d’une ville où on a mis les pieds une toute petite semaine dans son existence ?

mardi 9 juillet 2019

40

Writer’s life (40)
J’entame les interviews et les entretiens pour La petite sonneuse de cloches & la rentrée littéraire. Premiers échos sur les exemplaires presse qui ont été envoyés. Dans les locaux de Web tv culture, je croise Emmanuelle qui me dit de jolies choses sur mon roman. Elle me dit aussi : “Je le trouve + fouillé que le précédent.” Je mime l’apoplexie : “Comment ça + fouillis ?” “Mais non Jérôme, + fouillé !” Je m’en amuse : “Ouf, tu m’as fait peur. Parfois, ça se joue à une lettre”. Elle me dit qu’il faut que je sois rassuré, que je vais avoir une belle rentrée. “Ah, très bien dis-je, je vais arrêter d’avoir mal au dos alors”.
Séance photo et interview pour La Fringale Culturelle. Céline, la photographe, me demande de prendre une pause à la “Usual suspects.” “Ah mais non, je n’ai pas du tout envie d’être suspect et pas trop envie d’être usual”. Sur une autre photo, elle prétend que je ressemble à Sean Penn. Je regarde la photo et dis : “Euh...à Sean Peigne, alors.” Bref, le mec intenable pendant une séance photo, c’est moi. Les interviews commencent donc pour le grand bal de la rentrée. Il faudrait voir ce grand bal aussi de manière artistique, à la Warhol, dresser des listes, des palmarès. Le palmarès des questions les plus pertinentes qui me seront posées, le palmarès des belles surprises, le palmarès des primo-romancières qui pensent être Françoise Sagan, le palmarès des auteurs dont la tête ne passe plus les portes, le palmarès des ambitieux et des rapprochements (dans les trains), le palmarès du storytelling, le palmarès des libraires qui mettront mon livre en évidence, le palmarès des librairies où mon livre sera en 1 exemplaire caché dans un coin inaccessible, le palmarès des beaux romans indomptés, le palmarès des rencontres parfaites, le palmarès des mots doux, le palmarès des déclarations d’amour, le palmarès de ceux qui continueront à ignorer voire mépriser mon travail, bref c’est comme dans la vie, la seule manière de ne pas se brûler ou s’apitoyer est de voir les choses de manière cool et artistique. Ce qui n’a jamais empêché non plus la lucidité.

dimanche 7 juillet 2019

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Writer’s life (39)
Pas de répit, je m’aperçois que je n’ai jamais pris de vacances depuis mes 17 ans (tout un mois de juillet aux USA. En avril de cette année-là, mes parents me demandent : où veux-tu partir cette année pour les grandes vacances ? J’étais amoureux d’une fille qui s’appelait Virginie, j’ai donc répondu : en Virginie.)
Jeudi j’ai écrit en une journée les 14 pages d’un nouveau script, un traitement pour le prochain film de MHM, je dois peaufiner des textes de chansons, un nouveau projet jeunesse hyper emballant, mais ces prochains jours je dois m’atteler à retoucher mon livre sur les Beatles, ou plutôt inspiré des chansons des Beatles, qui ressortira en début d’année prochaine aux Éditions Le Mot et le Reste. C’était en 2007, je venais de sortir mon premier roman, Yves Jolivet me contacte parce qu’il aimerait lancer une collection où des écrivains/auteurs racontent de manière intime leur rapport à un groupe de musique. J’ai tout de suite choisi les Beatles et imaginé faire un livre à la Richard Brautigan composé de petites nouvelles et de courts poèmes autour de leurs chansons. J’avais choisi pour titre « Le rouge et le bleu » qui fait référence aux deux albums emblématiques de compilation, et ce qui m’amusait aussi dans ce titre c’est que « Le rouge et le noir » est le deuxième livre de Stendhal. Je trouvais donc réjouissant que mon deuxième livre soit : « Le rouge et le bleu ». Oui, je m’amuse assez bien tout seul. Je dois rendre la nouvelle mouture, actualisée et augmentée, pour la mi-août. J’aimerais proposer, si tout va bien, un tiers de textes inédits par rapport à la version originale de 2007. En ce début de semaine, je commence aussi les interviews pour La petite sonneuse de cloches. C’est drôle comme mon prochain roman fait son chemin en moi, s’affine encore, même après son écriture. Chaque fois que j’en parle, je découvre une nouvelle façon d’en parler. Et où que je sois, il y a une partie de moi qui continue à être ce jeune Chateaubriand dépecé de tout qui marche dans les rues de Londres. Donc pas de vacances, pas de répit, et beaucoup de choses simultanées et stimulantes : stimultamulantes, en somme. Le + important est de : garder intactes la vitalité et la grâce de l’inspiration. Tenter de frapper fort et juste à chaque fois. Sur chaque projet.
Au sujet des Beatles, il y a le film de Richard Curtis et Dany Boyle qui a l’air épatant. J’aime beaucoup voir les gens s’extasier sur le pitch sauf que si vous proposez un truc comme ça en France : « Suite à un accident, un jeune homme se réveille dans un monde où les Beatles n’ont jamais existé » vous risquez de vous prendre dans la figure des « ce n’est pas réaliste », «pas crédible » etc. etc. En France, la plupart des producteurs semblent tellement attachés à ce qu’un scénario puisse être jugé crédible par TOUTE LA FAMILLE, que ça en devient démoralisant. Les rares retours de cinéma que j’ai eu pour tenter de faire adapter L’appel de Portobello Road étaient sur un registre identique : « Ce serait bien qu’il ait vraiment une sœur », « À la fin il devrait retrouver sa sœur réelle » etc. À chaque fois qu’on me sollicite sur des projets cinéma, j’ai envie de leur dire : « Bien sûr que ce n’est pas crédible, c’est de la fiction, pas du documentaire ! » et au final, la plupart du temps, je jette l’éponge, je me désiste en ayant l’impression de m’être libéré d’un poids énorme, et je reviens au roman où je me sens + libre. Même si dans la littérature actuelle, il y a quand même une tendance à récompenser ce qui est de l’ordre du témoignage, du doc, du fait de société, du fait divers, drame familial, etc. Ceux comme moi qui écrivent des romans, disons, d’imagination, doivent ramer + que les autres pour accéder à une certaine crédibilité, pour qu’on ne les juge pas trop fantaisistes. Mais l’important est de ne pas succomber aux sirènes du moment ni de trop s’en atterrer, l’important est de tenir la longueur et de faire des choses qui déjà sont crédibles pour soi.

jeudi 4 juillet 2019

38

Writer’s life (38)
Dans les sections commentaires des réseaux sociaux, les types qui interviennent uniquement pour faire leur intéressant. Ça me déprime.
J’ai adoré cet échange avec Stéphanie (C), je lui dis : « Je suis dingue de toi depuis toujours. » Et elle me répond : « Moi aussi je suis dingue de toi. Depuis tout à l’heure. »
Ils ont mis un piano dans le magasin Carrefour de Deauville. Et il y a une jeune femme qui s’est mise à jouer une mélodie très belle. Tous les gens qui faisaient la queue aux caisses ont incliné leurs têtes vers le piano, la plupart ne l’avaient pas vu en entrant, une des caissières à dit : « J’adore quand quelqu’un joue du piano. » C’était un moment très poétique au milieu d’un temple de la consommation. Je crois que c’est ça, la poésie : déshabiller les choses de leur valeur marchande, décoller l’étiquette sur le front des gens, et aussi, parfois ce n’est que ça : atteindre des bras qui s’échappent toujours.
Ma deuxième rentrée littéraire approche à grands pas avec “La petite sonneuse de cloches”. L’aventure de la sortie d’un livre, après l’aventure qui a consisté à l’écrire. C’est un tome 2 en soi.
Game of thrones. Quand je lui fais part de ma déception de la relation de la reine des dragons avec Jorah Mormont, Juliette me dit (avec juste raison) : « On emballe pas un mec parce qu’il est gentil. Est-ce que les mecs feraient ça ? »

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Nouvelle salve d’envois de mes manuscrits. Je vais sur le site d’une grande maison pour avoir le mail d’un contact à qui envoyer mes projets...