Writer’s life (252)
Envoyé à Iris la V1 d’un texte pour un petit livre que j’aimerais faire assez rapidement. L’autre jour à Tours, un lecteur m’a parlé de la structure de « La ballade de Pattie, George et Eric », il m’a dit avoir adoré le livre notamment la structure, ce qui m’a fait très plaisir, le livre était resté vraiment confidentiel (la presse n’y a quasiment accordé aucun intérêt), alors que c’est sans doute un de mes livres que j’aime le +. J’enchaîne beaucoup de choses qui requièrent toute mon intensité : Astaffort / Cifap / Suivi de manuscrits jeunesse pour l’école Les Mots / commission des programmes Sacem, suis bien crevé et j’essaie pourtant de garder des espaces vitaux pour la création, c’est dans la création, dans l’horizon de nouveaux projets, que je respire pleinement. Les choses avancent mollement pour la diffusion du disque (mais déjà, il est fait ! Il existe !) les suites à donner, les perspectives possibles, ce qui me déconcerte assez, bien que lucide sur l’environnement actuel et la place infime laissée à l’écrasante majorité des artistes. Interview pour le magazine Longueur d’ondes, le journaliste me parle avec beaucoup d’exaltation des chansons et me dit qu’il a reçu mon disque comme un manifeste du romantisme, et il me demande si j’ai eu conscience d’écrire un manifeste au moment de sa création. Il me dit aussi que par mon travail je suis une sorte de passerelle entre la chanson et la littérature. Je lui réponds que ça me va, je préfère être une passerelle qu’un péage. J’ai tellement affaire à des algorithmes plutôt qu’à des personnes vraies et sensibles que durant l’heure qu’a duré l’entretien je n’en revenais pas qu’une personne ait pu si bien ressentir ce que j’ai essayé de faire dans ce disque. Cela m’a fait penser à cet aphorisme de Cioran que j’utilise parfois en atelier d’écriture : « Quand on rencontre quelqu’un de vrai, la surprise est telle qu’on se demande si on n’a pas été victime d’un éblouissement ».
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