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 264 « Être écrivain, c’est fun » vraiment ? Est-ce moi, si j’en crois les guillemets, qui ai pu proférer une telle ineptie ? Il est certain que c’est moins fun quand on a rendez-vous à la banque, comme c’était mon cas aujourd’hui. Comme depuis des lustres j’aime promener avec moi la lumière d’un livre dans les situations les plus abstruses, j’avais pris sous le bras le livre de Déborah Lévy : Le coût de la vie. Parfait, ai-je pensé, pour un rdv à la banque.  Je travaille sur un prochain EP, cinq nouvelles chansons qui seront produites par Brice. Rodolphe a donné son accord pour enclencher le projet chez Roy Music, ce qui me ravit. Parallèlement, j’écris des textes pour différents artistes et suis en apnée pendant au moins deux à trois semaines dans la réécriture de mon prochain roman. Iris qui a lu la V1 m’a confirmé ce que je pressentais : beaucoup trop long. Voilà pourquoi, sans doute, je n’ai pas beaucoup de retours de mes premiers envois : les gens se sont endor...

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Writer's life (263) Je m’apprête à envoyer mon roman à plusieurs éditrices/éditeurs. Dans l’attente de réponses, et, dans l’idéal, de faire un choix judicieux, rien de mieux, pour survivre à l’attente d’un idéal, que de commencer l’écriture d’un autre roman. Je me surprends d’ailleurs à accumuler du matériel, c’est-à-dire pour l’instant : des phrases. Premières brindilles.  Cette semaine j’ai lu Eloge de l’ombre de Junichiro Tanizaki, et Etat des lieux de Déborah Lévy.  Dans Etat des lieux , il y a cette phrase qui m’a fait penser au roman de Loulou (loup/loup) :  "Peut-être que toute la question de l’écriture, c’est le loup".  J’ai discuté l’autre soir avec Hubert de Maximy qui m'a déclaré qu’il n’écrivait plus de fictions car après 80 ans, l’imagination se tarit complètement. J’ai trouvé ça terrible, sans vouloir y croire une seule seconde. Susie Morgenstern en est l’un des contre exemples vivifiants.  Je bois du café dans une tasse Moomin qui porte une cita...

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Toujours pas décidé pour mon prochain roman. Éditeur ? Agent ? Je suis disposé à le faire lire à untel, et trois heures plus tard je rencontre une personne qui m’en dit les pires horreurs. Il n’y a donc personne dont le travail fait l’unanimité (à l’exception de ma dentiste dont les avis sur google sont un véritable Hall of Fame). J’ai toujours observé avec étonnement comment une seule et même personne peut produire des variations extrêmes de ressenti. Même sentiment quand vous vous prenez d’amitié pour quelqu’un et que vous apprenez qu’il est lié avec un autre que vous considérez comme la dernière des crapules. Dans ces cas-là, ma première réaction - suite à mon désarroi - est celle d’un chat : la fuite !   Message d’une amie qui a commandé : « Un furieux besoin d’élégance »  (à la librairie du Printemps Nation) et qui a reçu l’un des exemplaires que j’avais dédicacé à une libraire. J’ai déjà eu un cas similaire il y a quinze jours à Bondues avec une lectrice tout ...

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Je l’évoque à la fin de Neuf rencontres et un amour, mais jusqu’à présent j’avais du mal à expliquer en un flash ce qui s’est passé le jour où dans une rencontre littéraire un modérateur et un auteur, ligués ensemble, ont passé leur temps à débiner mon livre prétendant que je racontais n’importe quoi. Pour « 37, étoiles filantes » je n’avais selon eux pas le droit de m’accaparer Giacometti. Je n’avais pas raconté n’importe quoi, et non les gars, et proposais une connaissance sensible de Giacometti puisqu’à l’époque je partageais disons les mêmes préoccupations (une des raisons pour lesquelles je m’étais lancé l’écriture) et je situais l’action à Montparnasse un quartier que je connais par coeur contrairement aux ronchons ternes et furieux qui me harcelaient en public. Du mal à expliquer le traquenard dans lequel j’étais tombé jusqu’à ce week-end et la scène hallucinante où Zelinski se fait tomber dessus par Vance et Trump. Le passage où un journaliste à leur solde cartonne Ze...

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  (spécial Saint-Valentin) M me dit : Je dirais qu’en amour je suis assez heureuse et plutôt insatisfaite. Elle ajoute : Comme la plupart des gens. Josuah me parle du temps où l’écriture d’une seule chanson permettait d’acheter une maison. Je lui réponds que malheureusement je suis arrivé trop tard dans le métier de la musique. Né trop tard et j’ai commencé à travailler trop tard, quand tout s’écroulait. La première de mes chansons qui s’est retrouvée sur un disque important en terme de ventes je devais avoir 33 ans. Premier roman à 36 ans. Ah, s’étonne Joshua, qu’est-ce que tu as fait avant ? C’est vrai ça, qu’est-ce que j’ai fait avant ? Eh bien avant, je n’ai rien fait d’autre, je crois, qu’un peu d’études à rallonge et aussi vivre des histoires d’amour dont la funeste et fabuleuse propriété est qu’on ne voit pas le temps passer. Je me souviens d’une nuit entière à Londres aux Olympic Studios seul avec Christophe (le compositeur et interprète des Mots Bleus et de la Dolce Vita)....

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Ça ne va pas durer, mais depuis la mort de David Lynch les réseaux sociaux sont submergés d’extraits de ses films ou de ses interviews, et, poussé par les algorythmes, baguenauder sur son écran a pris une dimension plus poétique et rassérénante aussi.  Masterclass d’Emilie Simon à la Sacem. Elle dit : « Je vois la vie comme un jeu vidéo, on ne peut pas passer à un autre niveau tant qu’on n’a pas réalisé ou débloqué un certain nombre de trucs dans le niveau où on est. » Un lecteur de Saint-Raphaël qui l’année dernière avait lu « Neuf rencontres et un amour » vient cette année me demander une dédicace sur « J’aurais voulu être un Beatles », il prend le livre, fait quelques par dans le salon, et revient me dire : «Vous savez, je vous admire, il n’y a pas si longtemps encore les écrivains étaient vénérés, pour la raison que vous êtes connectés à des choses, vous allez chercher des choses qui ne sont pas à notre portée mais qui nous parlent puissamment quan...

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Lors de la restitution des ateliers d’écriture que j’ai animés à la Médiathèque musicale de Paris, j’ai lu un poème en prose de Charles Bukowski qui s’intitule : « Maintenant que vous voilà professeur de création littéraire, qu’est-ce que vous allez leur apprendre ? ». C’est un poème bien drôle et réjouissant. Le principal conseil de Bukowski est d’enchaîner les chagrins d’amour, il prescrit de rechercher : « les amours malheureuses »… avant un revirement spectaculaire en fin de poème qui consiste à : «remonter la filière à l’envers et connaître le bonheur en amour ». Entre autres conseils aux apprentis autrices et auteurs il parle d’éviter toute course au succès (ah ah) et de proscrire absolument le jogging. Je fais un aparté à ma lecture en déclarant que je n’ai jamais compris pourquoi les joggers vous fonçaient dessus ou vous frôlaient de quelques millimètres de manière qui semble délibérée, n’ayant guère le souci, l’élégance, ce que vous voulez, de dévi...