mercredi 22 juin 2022

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Contours et horizon d’un prochain roman, l’été que j’ai toujours trouvé la saison la moins intéressante sera donc parfaitement studieux.
Le boulevard Saint-Germain déverse des beautés dans l’air du matin ou la sensation du soir, à chaque fois je cherche dans l’écriture ce qui pousse deux personnes à se reconnaître dans ces flots continus, ce qui fait lien, foudre, rapprochement, émotion irrépressible, segments inséparables et furtifs.
Cocktail chez X, il y avait au moins un lustre dans chaque pièce alors quand on m’a demandé comment je trouvais l’appartement j’ai répondu : « C’est très lustrueux. »
En festival, le type qui a trouvé la combine et se fait passer pour une sorte de photographe officiel mais qui photographie uniquement les autrices.
En Avignon, rencontre avec la classe de Myla qui va concourir la semaine prochaine à la finale des Petits champions de la lecture ; la maîtresse leur a demandé de créer et dessiner des mots valises à l’exemple de ce qu’il y a dans Alcie. Une petite fille a fait un superbe : canarcissique. Et elle l’explique ainsi : « le canarcissique est un canard qui au lieu de faire coin coin dit moi moi. » Excellent ! J’en connais plein.
Sans transition, je pourrais décerner sans problème le trophée de la maison d’éditions (et ses autrices et ses auteurs) qui se la pètent le + en festival du livre. J’en parle avec X qui fait exactement le même constat.
Je tombe sur l’émission Koh Lanta dans laquelle une concurrente dit : «Je suis venue pour savoir quelle réserve de force et d’énergie j’avais en moi ». Hum ! Autant qu’elle évolue en ce moment dans le milieu de l’édition française.

jeudi 2 juin 2022

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Quand je prends le train Gare Saint-Lazare et que le siège que j’occupe est situé du bon côté de la voie, je peux voir la fenêtre de la cuisine de l’appartement où j’ai vécu avec mes parents jusqu’à l’âge de huit ans. La cuisine, et de l’autre côté la chambre que m’avaient laissé mes parents, la grande salle de séjour où ils dormaient sur un canapé lit, et le couloir qui desservait cuisine et salle de bains. Je voudrais me projeter à l’intérieur de cet appartement, retrouver mes parents, pouvoir lire dans ma chambre avec la protection de les savoir dans la pièce d’à côté. Tout était plus simple, pour l’imaginaire et la réalisation de cet imaginaire, quand j’avais mes parents dans la pièce d’à-côté. J’ai eu l’inestimable privilège de grandir entouré de deux êtres absolument simples et optimistes, équilibrés et généreux, et c’est pourquoi hors leur présence j’ai souvent eu a enduré la déception, je suis sensible à l’égoïsme, l’opportunisme, la bassesse, la bêtise, la violence ou la méchanceté chez les autres qui me sautent toujours aux yeux comme des choses qui appartiennent au monde après mes parents, au monde où il a bien fallu que je continue à évoluer en leur absence.

Plusieurs idées rôdent pour un prochain roman. J’espère pouvoir trouver un deal en juin pour commencer à écrire en juillet (avec un objectif de sortie, pas dans le vide). Ce n’est pas juste une question d’idée. L’idée, c’est ce qu’il y a de sexy, qui peut susciter l’intérêt en surface, mais le principal c’est que l’idée puisse proposer un territoire dans lequel les préoccupations du moment (et de toujours) puissent s’épanouir.
Dans les salons de l’ambassade d’Italie, au premier étage, à l’expo hommage Cerruti, une fille à la beauté extraordinaire a disparu derrière une porte bleue, et je ne l’ai pas revue de toute la garden party.

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Nouvelle salve d’envois de mes manuscrits. Je vais sur le site d’une grande maison pour avoir le mail d’un contact à qui envoyer mes projets...