dimanche 20 août 2023

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 L’autre jour, j’étais tellement découragé par la nature humaine que j’ai regardé pendant vingt secondes sur Instagram un lapin grignoter une pastèque.

Trois tonnes cinq de courrier en retard, et parfois je fais de la spéléologie dans ma boîte mail parce qu’au coeur de la journée j’ai un flash et je me souviens avoir donné mon adresse à une personne qui voulait me faire lire ses textes ou écouter ses chansons, j’ai dit oui, je me souviens avoir reçu les documents et n’avoir jamais répondu emporté par la création, par l’urgence, la nécessité, le temps de la création qui décide de tout, qui supplante les engagements envers des personnes que je ne connais pas comme avec les amitiés qu’il faudrait entretenir un minimum afin qu’elles continuent à vivre.
Passé un très bon moment avec Pascal Schouwey de la radio télévision suisse qui a traversé tout le pays pour venir m’interviewer sur mon travail. À un moment, il me pose la question de la notoriété, du peu de reconnaissance que je reçois pour le moment par rapport à l’ampleur de mon « oeuvre » (je veux dire, si on fait le compte de tout). Bien sûr, c’est une question complexe avec des paramètres divers qui entrent en jeu, mais peut-être et j’en parlais aussi avec Frédéric (Rouet) au téléphone, est-ce lié à ma personnalité, mon tempérament. Je n’ai peut-être pas le besoin avide d’être aimé à tout prix (je lisais ça au sujet d’un écrivain l’autre jour, son besoin maladif de séduire, d’être aimé). Et, surtout, je ne sais pas « jouer des coudes ». Je trouve ça vite vulgaire (pour moi). Et dans ces milieux très difficiles, pour pas mal de personnes que j’ai vu accéder à une forte notoriété, je dirais qu’elles ont su mieux que d’autres jouer des coudes (ou elles étaient entourées par des personnes qui jouaient des coudes pour elles de façon implacable, soit par l’intelligence soit par des manières de bulldozer).
Appel matinal de Frédérique (Deghelt) qui me dit qu’elle a fait un rêve étrange. Elle organisait une fête dans son jardin, et elle parlait avec moi, puis ensuite je m’éclipsais et une femme venait la voir et lui demandait si elle me connaissait. Frédérique lui demandait pourquoi cette question, et la femme répondait : Parce que c’est mon fils. Et donc Frédérique commence à parler avec cette femme dans son rêve qui est ma mère, et elles parlent de la perte, du deuil, de la disparition (Frédérique a perdu son père assez jeune), et ma mère lui dit cette phrase que Frédérique était impatiente de me rapporter : « Ce que vous devenez dépend de notre absence ».

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