mardi 3 octobre 2023

245

 Le 22 septembre dernier, c’était l’anniversaire de la disparition de mon père. 2003-2023. Vingt ans, c’est beaucoup et rien à la fois. C’est peu pour penser la mort d’un parent je trouve. C’est encore trop peu pour la concevoir. La nuit dernière, j’ai rêvé que mes parents étaient encore vivants et que je ne passais pas assez de temps avec eux, alors je cherchais les itinéraires possibles pour rentrer à la maison (Marsinval). Il y en avait plusieurs, tous familiers. Déjà empruntés, mais uniquement en rêve. Ce genre de lieux familiers qui n’existent qu’en rêve. 

Sur les réseaux sociaux je vois des artistes qui passent leur temps non pas à créer un univers captivant ou cohérent par rapport à leurs créations, mais à mendier des likes, des clics, des abonnés, des vues. Je me fais la réflexion instantanée : Mais qui a envie de s’intéresser à de tels artistes ? Et pile au moment où je me dis ça, je reçois un message de mon label qui me demande d’encourager les gens qui me suivent à s’abonner à mon compte artiste sur les plateformes musicales. On ne peut donc pas y échapper. C’est une période très dure pour les artistes (et les labels indépendants) et la seule façon de s’en sortir est d’être assez malin ou d’avoir suffisamment de retentissement pour trouver les moyens de continuer à faire des choses qui comptent en dépit des chiffres si j’ose dire, qui ont de la valeur du point de vue de la création ou d’une certaine idée de la beauté, si vous y trouvez un sens ou si cela est la part non négociable de toute création qui réclame à sortir de l’ombre.

Sur le Pont Neuf à 15h42 est passée une fille qui pourrait très bien être l’héroïne de mon prochain roman (sauf qu’elle allait rive droite)

Avec Maud (S) dans le train, on parle de l’égo boursoufflé de tel auteur et on se dit quand même qu’on aura rencontré de sacrés spécimens, peut-être même en nombre supérieur aux personnes qu’on aime retrouver et avec qui on se sent en confiance, et jamais désarçonné par une manifestation soudaine de vanité ou d’opportunisme abject. Je fais un constat assez pessimiste, Maud me dit : « Oui mais, les personnes réellement sympas, elles comptent triple »

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

266

Nouvelle salve d’envois de mes manuscrits. Je vais sur le site d’une grande maison pour avoir le mail d’un contact à qui envoyer mes projets...