Journal de bord et réflexions d'un écrivain dans ce monde trouble, troublant, et troublé.
samedi 27 juin 2020
124
Writer’s life (124)
Quelques journées et nuits de profond abattement (que je dissimule plutôt bien), peut-être parce que je sors de l’écriture d’un roman de trois cent pages, de l’espace utopique de ce roman qui, comme le dit Michel Foucault dans « Les hétérotopies », est « la tente d’Indiens dressée au milieu du grenier » , et quand vous sortez d’un espace utopique comment ne pas trouver le retour au réel profondément décevant ?
Toutes ces choses où ma marche de manœuvre est si faible. Tellement réduite.
Même si c’est un espace préférable/ utopique, il y a aussi que la forme fixe d’un roman est tuante parce qu’avec le temps on a toujours envie de dire les choses autrement, différemment. Le but serait donc d’atteindre une forme invariable à lecture, mais ce n’est jamais satisfaisant. Je retombe sur un passage de « Pagaille Monstre » que j’aime bien. La scène de baise du chapitre 69 (Yeppie !) J’aime bien l’histoire de la panthère qui manierait l’usage du fume-cigarette (sorte d’hommage à la sophistication des sixties façon Blake Edwards), mais ce que je préfère dans cette page c’est la phrase : «Sa robe jaune laissée à terre n’est plus que marmelade de souvenirs ».
Je la relis et soudain je me dis : ah j’aurais peut-être du faire : « n’est plus qu’UNE marmelade de souvenirs. Voilà, j’y réfléchis encore et encore, ça m’obsède et le temps que j’y réfléchisse encore et encore, j’imagine, le pot de marmelade a été mangé et la jolie fille envoûtante et dénudée est devenue arrière grand-mère.
#writerslife
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