jeudi 27 février 2020

88

Writer’s life (88) Dans le TGV, le fracas des morceaux de glace qui se brisent sous la puissance du train. J’ai la sensation de partir en expédition vers les contrées du nord avec José Arcadio Buendia dans le roman de Gabriel Garcia Marquez : Cent ans de solitude, (ou, + effrayant, dans The terror de Dan Simmons) sauf que je vais à Nancy intervenir en fac de lettres et donner des ateliers d’écriture. Tous ces livres sur lesquels on met dorénavant un « bandeau » dès le départ. Ces livres qui aguichent par un slogan, qui font les rayons et les tables comme on fait le trottoir. Peut-être qu’il y a des livres dont le secret espoir est d’échapper au « bandeau » qu’on leur colle à l’origine. Un bandeau, un bâillon. Écrire, combat la volatilité de tout. Le manque de permanence, le manque d’adhérence, le visage changeant des êtres, des choses, des paysages. L’interaction déçue. La violence d’une réaction qui déraille. La violence qui s’invite quand vous n’avez rien demandé, la violence du système, la violence de la rue. L’impossibilité d’un baiser. Un amour en pointillés. La place que vous ne trouvez pas, dans le monde, avec l’autre. Mais écrire n’est pas qu’un combat. Vous êtes le bâtisseur d’un empire ou d’une cathédrale qui s’appelle le roman à venir et vous commencez à partir d’une émotion qui peut être aussi fragile qu’une brindille. Écrire, est aussi de l’ordre du parc ou du jardin car à l’intérieur il y a toujours quelque chose qui demande à éclore. Parfois un cri. Comme dans une chanson de John Lennon. Un cri qui demande à éclore. Dans le Deauville-Paris, une fille à la chevelure extraordinaire (qu’elle a cachée, à l’arrivée, sous un bonnet blanc). Qu’est-ce qu’une fille à la chevelure extraordinaire fout dans un TER qui revient de la mer un mardi soir ? Et, est-ce que la mer, quand elle arrive à destination, se coiffe d’un bonnet blanc ? Oui, peut-être. Les gens qui ne voient pas la virilité qu’il y a dans la douceur ont la plupart du temps un problème d’alcool. #writerslife

lundi 24 février 2020

87

Writer’s life (87) J’ai toujours du mal à comprendre comment les gens qui ne font pas grand chose peuvent donner des notes ou des points à des personnes qui tentent de construire une œuvre. On m’interroge sur le sexisme en littérature. Je donne un exemple : Combien m’ont raconté avec admiration et sourire en coin cette anecdote où Romain Gary invite à sa table Jean Seberg et son mari de l’époque et demande au mari la permission d’essayer ses chaussures puis, à la fin du repas, lui déclare : « Maintenant que j’ai essayé vos chaussures, je vais prendre votre femme ! ». J’ai toujours trouvé cette anecdote affreuse. Pas parce que Gary séduit une femme mariée. Il faut bien qu’il y ait de nouvelles histoires d’amour pour bouleverser les quotidiens, célébrer l’expérience de la vie, écrire des romans inspirés et brûlants, ou devenir Picasso, mais j’ai toujours trouvé cette anecdote de « chaussures et de femme » profondément machiste, crâneuse et détestable. Loin du Romain Gary d’un livre que j’adore : « Les cerfs volants ». Week-end studieux (comme souvent) : travail sur des chansons, et dernières retouches à un nouveau livre-disque jeunesse prévu pour septembre. Deux jours à Londres où j’ai pris des instantanés pour l’écriture du prochain roman. Top 5 des filles qui au cinéma traversent des chambres ou des appartements dans lesquels si je m’ y trouvais j’avalerais la clé : 1/Keira Knightley dans ce bon nanar qu’est Last night, 2/ Amanda Peet dans Mélinda et Mélinda, 3/ Veronika Lake dans I married a witch, 4/ Jacqueline Bisset dans La nuit américaine, 5/ Kate Beckinsale et Chloë Sevigny dans The last days of disco. Dans mes ateliers d’écriture à Nancy, j’ai été heureux de faire découvrir aux étudiants les oeuvres poétiques de Raymond Carver et Richard Brautigan. Et tout aussi heureux de leur démontrer par l’inspiration et le travail qu’ils pouvaient prétendre à s’inscrire dans un même contexte poétique (dans la démarche et le résultat). #writerslife

mardi 18 février 2020

86

Writerslife (86) Une amie me dit : « C’est quoi toutes ces filles qui écrivent sur leur viol, leur agression sur des pages et des pages, est-ce qu’elles n’ont rien d’autre à raconter ? » « Et bien, réponds-je, si je considère que deux de mes amies sur trois ont subi des agressions sexuelles, je pense que c’est un sujet viscéral.» Le week-end dernier, une autre amie s’agaçait de la lettre ouverte que j’ai signée contre les agressions sexuelles dans le milieu de l’édition, en me disant : « Mais toutes ces filles qui se pressent pour aller sucer un type dès qu’il est un peu connu ! », « Ce n’est pas le sujet », ai-je objecté. Elle dit : « Pour moi, la meilleure façon de répondre à un type pressant c’est de lui mettre un coup de pied dans les couilles ! ». J’ai répondu à mon amie : «Mais voyons, tout le monde n’a pas ta force ! » Reçu un très beau message d’une lectrice de « L’appel de Portobello road ». Elle me dit qu’elle a été touchée par une des dernières phrases du roman sur les gens qui se ratent de peu. Elle m’apprend que face à la disparition récente de son mari, cette phrase l’a un peu consolée car au moins ils ne se sont pas ratés de peu. Et elle me confie une jolie chose qui fait écho au livre : dans le cercueil, elle a glissé une lettre et une enveloppe timbrée. C’est très beau. Ce genre de témoignage va si droit dans l’intention de ce roman. L’autre fois, cet organisateur de salons littéraires qui n’a pas arrêté de me faire des blagues (vaseuses et maladroites) sur « mon » Goncourt, me confondant sans doute avec un précédent lauréat ( Jérôme Ferrari ? Alexis Jenni ?). Il faut vraiment avoir le moral bien accroché. Après, la bonne nouvelle, c’est que j’ai une tête de goncourable, je suppose. Paris, la nuit. « C’est très réussi n’est-ce pas ? » questionne Clara. « Oui, dis-je. Réellement. » « Quel est pour toi le critère d’une fête réussie ? » me demande-t-elle. Je réponds : « Quand j’ai un métro direct ». #writerslife

lundi 17 février 2020

85

Writer’s life (85) Dans les trains, le visage des filles qui lisent. Travail toute la matinée au café sur des chansons pour un téléfilm (commande). L’autre soir dans une fête j’avais mon casque, les écouteurs sur la nuque et le serre-tête barrant mon cou et une fille m’a dit que ça donnait une sorte de look sado-maso. Hum. Je crois que vouloir vivre aujourd’hui de son travail d’écrivain est un gage suffisant de sadomasochisme sans qu’il faille y ajouter un quelconque accessoire. Pierre me parle du musicien Alex Puddu et de ce qu’il considère comme son chef d’œuvre : « The golden age of Danish Pornography ». J’écoute deux morceaux aux titres évocateurs : « The dirty games of Dr Love » et « Naughty girls at the wild party ». Des propositions de projets d’édition. Deux éditeurs distincts se disent très intéressés et me sollicitent pour mes writerslife. Cela me tente beaucoup évidemment, mais j’ai déjà un planning de sorties assez conséquent jusqu’en février 2022. Réfléchir à ce projet. Demander à X ce qu’elle en pense. Et puis, est-ce que mon goût en tant que lecteur pour les fragments, ou le journal intime en tant que genre littéraire, est suffisamment partagé pour atterrir en librairie ? Ce qui me plaît également avec cette forme lapidaire des writerslife, c’est que je peux jouer avec l’ordre des péripéties (si je puis dire). C’est un peu comme au piano, on a tendance à retenir la dernière note jouée, celle qu’il est agréable d’harmoniser. Alors souvent, je planque le plus brûlant au début, en ouverture, parce que je sais que c’est la dernière phrase que la lecture retiendra. Je fais ça souvent. Souvent, mais pas toujours. #writerslife

dimanche 16 février 2020

84

Writer’s life (84) Abnousse me dit qu’elle a refusé plusieurs propositions de mariage. À chaque fois les types amenaient la proposition sur la table alors que l’histoire se terminait. Revu avec plaisir Alain de la librairie Lucioles. Il aurait adoré organiser une lecture musicale de mon Beatles pendant le festival Jazz à Vienne mais s’est pris un refus de la part des organisateurs. Lors de la rencontre au Hall du livre, Élise Fischer qui mène l’entretien me demande si je suis satisfait de toutes les choses que j’ai faites ou qui m’arrivent. Satisfait ? Mais, réponds-je, je ne suis jamais satisfait. C’est justement parce que je ne suis jamais satisfait que je fais des choses, que je vais de l’avant comme si je repartais toujours de rien. Je ne suis jamais satisfait de moi, et rarement des autres. Les gens satisfaits d’eux-mêmes se remarquent tout de suite, ils veulent séduire tout ce qui passe, courent après les honneurs (même en revendiquant le contraire) et pourrissent sur place. Samedi matin, le compartiment de train rempli d’enfants (des petits garçons) qui pleurent à chaudes larmes d’être confiés à leurs grands parents et séparés de leurs mamans pour les vacances. Et moi, au milieu d’eux, déchiré de l’intérieur. #writerslife

samedi 15 février 2020

83

Writer’s life (83) À chaque période de ma vie, il y a peut-être trois quatre personnes qui font partie de mon écosystème. Quand elles ne sont pas là, je dépéris (en secret). Quand elles sont là, je m’illumine (en secret). Il y a des auteurs qui ne parlent que des prix littéraires, même quand ce n’est plus la saison des prix. Tellement des-prix-mant ! Je suis entré dans une chambre d’hôtel non faite et ça m’a foutu le bourdon. Après, je n’avais plus trop envie de dormir dans le lit. En marge de la rencontre à Bron, une femme me dit : « Vous avez fait tellement de choses, vous avez des supers pouvoirs ou quoi ? » Toujours répondre par l’étonnement à ce genre d’admiration et ne pas être trop déçu à la pensée que j’aurais pu faire encore + de choses en bénéficiant de + de notoriété ou si j’avais perdu moins de temps dans des projets sans avenir (Tellement de temps perdu, tous ces gens qui m’ont fait/me font travailler pour peanuts). En atelier d’écriture, une étudiante trop mignonne qui fait un poème sur moi. Les deux premiers vers : «Seul et bercé par le balancement de ses idées Il attend tranquillement l’arrivée du métro. » C’est tout à fait moi, sauf que j’attends plus ou moins tranquillement l’arrivée du métro...(quand il daigne arriver)... #writerslife

dimanche 9 février 2020

82

Writer’s life (82) Dans mes ateliers d’écriture, j’encourage les étudiants à être eux-mêmes tout le temps. Parce que souvent la vie, hors l’écriture, contrarie cette possibilité. C’est en cela aussi que l’écriture devient un territoire plus juste que la vie, dans la mesure où ce territoire permet d’être soi-même tout le temps. Frédéric, libraire à Bruz, m’écrit : «Et maintenant pour la Saint-Valentin, on va faire un tabac ! Ton livre sur les Beatles, c’est avant tout un grand livre d’amour ! » X me dit qu’il aimerait beaucoup faire une chronique de « J’aurais voulu être un Beatles » pour un magazine musical dans lequel il écrit, il en a parlé à son rédacteur en chef depuis fin décembre, mais le rédacteur en chef réfléchit toujours à cette éventualité. Hum ! Devant mon air de smiley exaspéré, X me dit qu’il a fait deux pages d’entretien sur le roman de Y qui pourtant n’a rien de musical, mais c’est parce que Y est un des meilleurs amis du rédacteur en chef. Il garde espoir pour faire valider une chronique sur mon Beatles, bien que depuis deux mois, le rédacteur en chef réfléchit sans valider. À chaque fois que j’entends ce genre de trucs, je pense à Zoé qui me racontait que quand une cliente restait plus d’une heure dans sa boutique et quittait les lieux sans rien prendre en disant : « Je vais réfléchir », Zoé avait toujours envie de lui balancer : «Parce que tu crois que dans ta vie privée tu réfléchis autant ! » #writerslife

samedi 8 février 2020

81

Writer’s life (81) Signature de Naë sur le label Elektra, chez Warner Music. Une signature qui vient aussi couronner notre travail ensemble sur l’écriture des chansons depuis l’été dernier. Entretien avec Nicolas, au café de l’Institut Finlandais pour la sortie de : «J’aurais voulu être un Beatles ». Il me dit à propos de Loulou : «C’est une des seules personnes que j’ai rencontrées qui dit la vérité tout le temps. Le problème, c’est que tu dois faire la même chose en face. T’es obligé. » Concernant mon livre, Nicolas me dit que j’ai une écriture très cinématographique et qu’il a particulièrement adoré la nouvelle sur Paul. Paul, à l’époque des Quarrymen. Paul et les bus verts dans la grisaille de Liverpool, un dimanche. Paul et la fille à l’arrêt de bus. Paul qui espère la revoir, la retrouver, au retour. À la nuit tombée. Même pour le temps si court de deux arrêts. Il me dit, à propos de ce passage : « Toutes ces fois où tu comptes sur le hasard, et le hasard n’arrive pas. C’est tellement vrai ! » Hum... Oui. Charlotte m’appelle pour m’annoncer une très bonne nouvelle pour Alcie. Je raccroche avec elle, et en un instant j’attrape à nouveau mon téléphone dans l’idée d’appeler ma mère pour lui raconter, avant que vienne à mon esprit que ce n’est pas possible. Parfois, et sans prévenir, remonte à la surface ce que fut la merveilleuse routine des coups de téléphone à ma maman, dans les eaux de six heures du soir. #writerslife

jeudi 6 février 2020

80

Writer’s life (80) Première et unique tribune que je signe, je crois. Ce matin, appel de Frédérique qui me sollicite pour être un des signataires du texte de Caroline sur le harcèlement sexuel dans le milieu de l’édition française. Tribune publiée sur France Info. Je ne signe jamais de lettres ouvertes, de pétitions, etc.. Je préfère signer uniquement les textes que j’écris et déjà je trouve toujours un truc à y redire quand je me relis. Cela étant, si je dois donner une fois ma signature je le fais volontiers pour ce texte de Caroline. Tous les hommes qui abusent de leur pouvoir sur les femmes, et qui croient le faire comme si c’est un dû, ça me fait tellement gerber. Et quand ils s’autorisent à le faire sous couvert de subtilité, de sensibilité, ça me fait aussi gerber. Mais j’ai l’estomac fragile en matière de rapports humains. La vulgarité, la force imposée, la violence, le m’as-tu-vu, l’opportunisme, et je me désolidarise instantanément de mon genre. Mais il faut dire que, déjà, rien que les dragueurs me font gerber. Être mis en présence, dans une fête, une soirée, autour d’une table, d’un type qui entreprend une femme avec assurance, condescendance, alors qu’elle n’a rien envisagé de son côté, ça me fait gerber. Par ailleurs, combien de fois, dans mon adolescence et après, j’ai laissé des dragueurs emporter les faveurs d’une personne qui me plaisait. Quand une fille me plait, la plupart du temps, plutôt que de rejoindre la horde infamante des dragueurs inhérente à mon genre, je préfère m’effacer. Par éducation peut-être, par tempérament sûrement. Ce qui ne m’a jamais empêché d’être intense, viril, et sexy (ça peut arriver aux + doux d’entre nous). En fait, si je me tourne vers le passé, je me rends compte que souvent quand une fille m’a plu jusqu’à envahir chacune de mes pensées, par dégoût de la façon dont se comportent mes congénères j’ai choisi d’en crever en silence. Un libraire qui ne sait pas où ranger « J’aurais voulu être un Beatles » me demande : Rayon littérature ? Rayon musique ? J’ai très envie de lui suggérer : dès l’entrée et en vitrine. #writerslife

mercredi 5 février 2020

79

Writer’s life (79) Parfois je dis quelque chose d’enfoui en moi et pendant que je prononce cette parole je sais que je n’aurais pas dû le faire. Pas parce que c’est une chose brutale, bien au contraire, mais parce que je devine instantanément qu’elle est faite pour manquer sa cible. Se distordre entre mon intention et le contexte où elle est envoyée. Je dois davantage m’empêcher de dire des choses dans des contextes inappropriés. La littérature est un espace dans lequel vous pouvez créer un contexte où les choses que vous avez à dire ne sont pas irrecevables. À un café littéraire, une femme m’interpelle : «Vous avez fait des disques, vous écrivez des livres, vous connaissez Francis Cabrel, vous avez écrit des chansons pour Johnny Hallyday, bref vous avez une vie foisonnante… » Hum, si on considère que je n’étais qu’un enfant sage et timide de banlieue ouest sans aucune connexion, lien, ou tremplin vers les milieux que je fréquente aujourd’hui, alors oui il s’est passé des choses, mais je dirais aussi que j’aurais pu faire, peux et pourrais faire des centaines de choses encore. Par exemple en musique, je mets cent fois moins de temps à écrire un texte qu’à convaincre les différents décideurs que c’est ce texte là qui convient pour la chanson. Si on me faisait davantage confiance, je travaillerais encore plus. Là où je suis chanceux c’est que j’ai un tempérament qui ne tombe jamais dans l’aigreur ou la fatigue malgré les tonnes de fois où on m’a fait travaillé dans le vide et pour rien. Vous ne voulez pas de mon texte ? Ok, j’en ferai d’autres, d’autres en voudront, et les chansons seront bonnes. Encore alpagué en pleine rue, dans un autre quartier, par cette fille qui me demande « Une colocation vous tente ? Et une relation sentimentale ? Et une vie commune ? ». Cette fois, j’ai dit non merci et ai fui sans demander mon reste dans l’intervalle entre la relation sentimentale et la vie commune (Hum ! Story of my life !). Azziz avec qui je prends un verre me dit : «J’ai sondé tous mes potes de Nancy et aucun n’est jamais tombé sur cette fille. Sans aucun doute, c’est toi qu’elle poursuit ! » #writerslife

dimanche 2 février 2020

78

Writer’s life (78) X. Le genre de mec qui se met en avant tout le temps. Tout le temps. Chaque fois que je dois monter en voiture avec lui dans un événement autour du livre, pour faire un voyage entre la gare et le lieu de dédicaces par exemple, ou en direction d’un hôtel, je m’attends à ce qu’il s’installe sur le capot. J’ai un faible intérêt pour les gens en couple, ça a tendance à faire s’effondrer mon imaginaire (je déconne), pourtant l’une des plus jolies choses que j’ai vues ces dernières semaines : le moment entre Rooney Mara et Joaquin Phoenix aux Golden Globes. Terminé de travailler sur les épreuves d’Alcie (qui peut partir cette semaine à l’impression). À cette phrase du livre : "Alcie restait triste et tourmentée, alors elle répondait par des « oui » qui voulaient dire « peut-être » et des « non » qui voulaient dire « à quoi bon »", Charlotte me dit : « Ça c’est tellement tout à fait toi ! ». Au Grand Prix des blogeurs littéraires, Xavier me dit avec tendresse : « Parfois je pense à toi et je me demande : Est-ce que Jérôme est heureux ? Ou est-ce qu’il est encore au bord ? ». « Au bord d’être heureux ? », lui dis-je, « c’est déjà pas mal ». Avec amitié, il me demande aussi quand est-ce qu’il va enfin pouvoir revenir me voir en concert ? Les concerts, quel territoire que ce fût, entre 2003 et 2007. Mais comme les concerts, les livres aujourd’hui font pour moi lieu de territoire. Clémence me parle de mes #writerslife , Ali de mes #flashpoetry , tout ce travail quotidien, cette incarnation des jours empilés et fuyants, n’est pas vain, il est lu, cela réchauffe le cœur. À cette soirée très réussie, pas mal d’ami(e)s m’ont trouvé puissamment mélancolique, ou carrément triste, le fait de plusieurs choses mais aussi parce que je venais de passer deux bonnes heures à déchiffrer au piano « The long and winding road » des Beatles alors j’étais encore totalement dans l’état de la chanson, bien sûr. Les mélodies débordent toujours sur les soirées. #writerslife

266

Nouvelle salve d’envois de mes manuscrits. Je vais sur le site d’une grande maison pour avoir le mail d’un contact à qui envoyer mes projets...