mardi 23 avril 2019

24

Writer’s life (24)

J’ai passé une partie de l’après-midi à relire Les Vagues de Virginia Woolf pour retrouver une phrase qui m’avait marqué à première lecture, dans une de ses versions françaises. Ce genre de phrases qui vous touchent, vous font jubiler à lecture et qui donnent envie de ne jamais se séparer des romans qui les contiennent. Déception en retrouvant la phrase dans la « nouvelle » traduction du livre : « Je n’ai pas déjeuné aujourd’hui pour que Susan me trouve cadavéreux et que Jinny étende jusqu’à moi le baume infini de sa compassion. » What the fuck ? Instinctivement, je me sens trahis dans mon émotion première. Même si j’adore l’idée, comment ai-je pu me laisser bouleverser par une phrase si…cadavérique en français. Je vérifie dans la version anglaise : « I have eaten no lunch to-day in order that Susan may think me cadaverous and that Jinny may entend to me the exquisite balm of her sympathy. ». Hum. Cadaverous, indeed. En fait, il me faut aller repiocher dans la version traduite par Marguerite Yourcenar : « Je n’ai pas déjeuné ce matin afin que Suzanne me trouve livide, et que Jinny étende sur moi le baume exquis de sa sympathie ». Je préfère mille fois que vous me trouviez livide si je n’ai pas déjeuné ce matin sachant que je vous verrai, et mille fois que Jinny étende sur moi, plutôt que jusqu’à moi, le baume exquis de sa sympathie. Il faut faire attention au moindre mot écrit. Tout change au moindre mot. Tout dépend du moindre mot. Perso, je peux trembler pour un des moindres mots. Et honnêtement, quand c’est Marguerite Yourcenar qui fait une traduction, pourquoi chercher à faire de nouvelles traductions ? J’aime comme sonne le « livide » dans cette phrase. J’y suis tout entier. Dans le livide mon cœur qui bat échappe au cadavre des jours, au cadavre du manque, au cadavre de tout.

mardi 9 avril 2019

23

Writer’s life (23)

À peine sorti d’un week-end extraordinaire au salon du livre de Montaigu, je suis dans le TGV de retour de La Rochelle où j’étais pour la journée pour discuter de projets (chansons & spectacle) et à côté de moi il y a une fille qui mange des chips. Il n’y a aucune interruption entre sa bouche, sa main, et le paquet de chips. De mon côté, je suis incapable de manger un paquet de chips en public ou à côté d’une fille, disons, dans un train. Même si je crève de faim et qu’il y a un paquet de chips dans mon sac, je ne le ferai pas. Par tempérament et parfois je m’en veux un peu de ce tempérament (livré à l’origine). Parfois j’envie ces gens qui peuvent manger des chips en public. Parfois non. Et là me revient une phrase de ma prof de piano qui m’a dit (par rapport à mon travail du piano) : “Abandonne-toi et sois honnête avec toi-même.” Au départ, j’y ai vu comme une contradiction.
On me demande si je fréquente X. Non. Pourquoi ? Il fait partie de ces gens qui n’ont qu’eux-mêmes à la bouche.
Parlant du monde du spectacle, Delphine me dit : “Les gens qui ne pensent qu’à eux réussissent toujours mieux. Ce sont des gens qui te laissent toujours sur le carreau. Et ce sont eux qui passent devant.” Je trouve ça très dur et très juste. Très vrai. Symptomatique de tous les temps, exacerbé par notre époque.
Dans le train j’écoute les nouveaux titres de The National et en boucle la chanson Cigarette Daydreams de Cage the Elephant. 
Comme je le fais depuis trois semaines, j’écris des amorces de chansons dans l’ébauche de la nuit. Ma mélancolie est un arbre dont bientôt il n’y aura qu’à cueillir les fruits.

dimanche 31 mars 2019

22

Writer’s life (22)
X me dit : ll y a un truc sympa avec les réseaux sociaux, c’est que parfois tu peux regretter un amour, une relation, une histoire avec une personne qui s’est mal faite ou pas faite du tout. Ce regret est parfois comme une (lourde) défaite. (J’ajouterai : Une lourde défaite même le cœur léger). Et puis, au fil du temps, tu regardes ce que cette personne poste, les photos de vacances ou de soirées intempestives, ce qu’elle raconte, ses intérêts, ses petites ou énormes vanités et son mode de vie, et alors tu te dis : « Wah ! Heureusement que j’ai échappé à ça. Je n’aurais pas tenu deux minutes. »
Mission principale de ces prochains mois : trouver une solution pour retrouver un logement à Paris (6 ou 16). Trop de sollicitations, de rendez-vous de travail, de trains qui partent de Paris etc.
L’autre jour, lors d’une séance de dédicaces, il y a une adolescente qui est venue me voir et m’a dit : « vous êtes mon préféré et je vous trouve très différent des autres écrivains, parce que vous je comprends tout ce que vous me dites ». Elle avait lu, notamment, Les jonquilles de Green Park. J’ai trouvé ça très réconfortant. Pas la première partie mais sur le fait qu’elle comprenait tout ce que je mets dans mes livres. D’un autre côté, il y a quelque temps, une intervieweuse a affirmé devant le public d’une rencontre que Les jonquilles de Green Park est un livre pour ados et sur le moment ça m’a terriblement agacé. Je n’ai pas écrit les Jonquilles en songeant ou le réservant à une catégorie. Et en même temps, je crois que seuls les auteurs qui écrivent des livres d’adolescence m’intéressent : Salinger, Fitzgerald, Truffaut pour les films etc. En fait, la littérature et l’adolescence ont en commun et qui les constituent deux fondements non négociables : la liberté et la solitude. Et peut-être en troisième, je dirais : l’amour fou. Si vous voulez écrire et si, dans votre livre, à un moment, il n’est pas question d’amour fou, franchement, ne venez pas grossir les rangs, devenez correcteur.

jeudi 28 mars 2019

21

Writer’s life (21)
Tout ce que je crève de dire dans la vie sans que je trouve la circonstance pour, tout cela part dans les livres. Tout cela fait le livre.
Paris, deux heures du matin. Le chauffeur de taxi à la question duquel : « Que faites-vous dans la vie ? » je réponds « écrivain », commence à me parler de son « livre préféré de tous les temps » de son auteur fétiche : L.F. Céline. Là, je me dis « oh non par pitié, pas un sempiternel éloge de Voyage au Bout de la nuit », en même temps dans un Taxi, la nuit, soyons indulgent, et en fait non le mec me branche direct sur « Bagatelle pour un massacre », livre qu’il trouve superbe, ponctué de remarques : « On ne peut pas le dire à tout le monde mais les allemands ils ne voulaient pas la guerre »… En fait, ce qui me rend malade dans cette vie, ce n’est pas tant la bêtise que l’indécence. Bon, ça ne me rend pas malade. Je réserve mon chagrin à des choses qui m’emportent, mais, je veux dire, je ne comprends jamais l’indécence. Ça me passe au-dessus.
À Rennes, j’ai été pris en otage (consentant) par un groupe de filles (dont Manon) qui écrivent des livres jeunesse et pour qui le mot AUTRICE n’accepte pas de contestation. J’ai osé dire que je trouvais ça moche, je me suis mangé des volées de bois vert. « Et on dit bien ACTRICE et ça ne te choque pas etc. etc. » En même temps, je préfère toujours être à une table de filles même si elles veulent me lyncher que d’être à une table où il n’y a que des types et où, sans aucun horizon, je m’ennuie à périr.
J’écris des chansons. Des textes. Ça revient (après l’expérience du roman). C’est là. Quand je marche dans Paris. Dans les tombées de nuit.
Merveilleuse rencontre autour de mon travail avec les élèves (collège et lycée) du groupe scolaire de La Tour dans le seizième. Les questions étaient étourdissantes d’acuité et de profondeur. Une élève me demande : « Comment faites-vous, comment avez-vous fait, pour garder et préserver votre sensibilité ? »
J’ai trouvé cette question si belle, si pure, que, de toute façon, toute réponse que j’aurais pu donner aurait été en dessous.

mercredi 20 mars 2019

20

Writer’s life (20)
Montparnasse, en traversant le boulevard, aveuglé par un bus envahissant j’ai failli me faire écraser par un taxi. À trois secondes près c’en eut été fini de toute cette mélancolie.
On parle avec Loulou de nos prochains livres à paraître. Ce sera notre deuxième rentrée littéraire ensemble. Je lui dis : « Tout mon coeur est dans ce livre », elle me dit : « Plus que dans les autres ? »
Jennifer me fait plaisir en me parlant de mes poèmes, ces petits instantanés que j’écris, elle dit qu’ils mériteraient de paraître en recueil, je lui réponds que j’ai déjà eu plusieurs propositions en ce sens mais pour l’instant je ne sais pas, je me satisfais de leur forme immédiate, intense et volatile.
Phrase admirable de Zoé qui me parle d’une fille qui est toujours dans le rapport de force :
« J’ai pas besoin de me mesurer à elle, j’ai déjà les résultats. »
Dans mon prochain roman, il y a une petite phrase qui est la quintessence de mon père. Je dis à propos d’un personnage : d’une générosité au-dessus de la moyenne. Dès que je pense à lui, c’est ça qui me vient : c’était un homme d’une générosité au-dessus de la moyenne. Et je n’ai pas eu le temps de lui rendre un peu de cette générosité. Souvent je marche dans Paris, je pense à ça, et le chagrin s’abat sur moi. J’avais déjà parlé dans Les jonquilles de Green Park, de cette impossibilité du retour, quand vous êtes confronté à des personnes d’une générosité au-dessus de la moyenne.

dimanche 17 mars 2019

19

Writer’s life (19)
Dans mon prochain roman, j’ai mis la chose que je préfère au monde. Que rien n’égale pour moi. Excepté peut-être certains noëls de mon enfance (mais cela ne reviendra pas).
Au salon du livre de Paris, l’auteur à succès qui fait dégager les livres de ma copine Héloïse au profit de Christine Ockrent, estimant sans doute + chic de dédicacer à côté de la célèbre journaliste. Toute cette petite affaire s’est combinée pendant qu’Héloïse s’était absentée un instant pour venir me parler. En 3mn le type en profite pour dégager (ou faire dégager) les livres. Héloïse retourne à sa place, ce n’était plus sa place. Nous étions choqués. Quand je pense que dernièrement j’ai dîné à la table de ce type (les rares échanges que j’avais eus avec lui et un de ses potes m’avaient déjà gonflé).
Un grand moment de ce salon est la réaction de Nathalie quand je lui montre le titre de mon prochain roman. Éclat spontané de ravissement, ce qui donne confiance. Tout le week-end j’ai trimballé avec moi les épreuves du roman (comme un Talisman). Autre moment sympa, Bernard Nimier qui vient me voir pour me dire à quel point il a aimé ma nouvelle dans le Rock Fictions de Carole Epinette.
Écouté en boucle le nouvel album de Keren. Magnifique, de sincérité. Peu à peu les choses se mettent en place pour l’écriture de mes nouvelles chansons, bientôt je vais être mûr, l’architecture se précise au gré des jours, des émotions, bientôt les chansons seront inévitables (comme avec l’écriture du roman).

dimanche 10 mars 2019

18

Writer’s life (18)

Travaillé tout le week-end sur un nouveau projet. C’est si joyeux d’être emporté. Tant que l’inspiration est là, il faut y aller. Ce qui vous fout dedans, c’est l’interruption. Dans la vie aussi, je crois. Dieu que je hais les interruptions quand je suis porté par quelque chose (ou quelqu’un) qui me concerne.
Me suis battu avec des corrections sur une « nouvelle » qui va être bientôt publiée. Finalement, ce sera vraiment très bien. Mais j’ai dû tout repasser parce que la correctrice avait suggéré pas mal de petits trucs qui peuvent bien sûr paraître anodins mais qui cassaient mon rythme et mes intentions (et mon moral). Par exemple j’écris : « dans l’espace confiné de se marcher dessus », et après le passage de la correctrice ça devient : « dans un espace confiné où se marcher dessus. » Euh…je comprends que c’est + français sans doute mais si je l’ai écrit ainsi c’est que je trouve ça + rapide, meilleur de mon point de vue, bien + intuitif. En relisant la somme de corrections suggérées sur ma nouvelle, j’ai l’impression de ne pas savoir écrire, et en même temps je crois que pour que quelque chose sorte d’un texte il faut être ennemi du « savoir écrire ». Si un roman devient le rapport administratif d’une histoire à raconter, il faut travailler pour la télévision. Autre exemple, j’écris à l’origine : «Elle cherchait le ciel. Elle aussi, au gré d’une pause. », et ça devient : «Elle cherchait le ciel elle aussi, au gré d’une pause. » Là encore, pour moi, ce n’est pas du tout la même chose.  
J’aime les passerelles entre les livres (j’en mets le + possible entre les miens). Par exemple je trouve qu’il y a une passerelle entre cette phrase de Salinger dans The Laughing man : « The second was a girl aboard a carribean cruise ship in 1939, who threw her cigarette lighter at a porpoise » et une phrase de The Waves de Virginia Woolf : « For such gesture one falls hopelessly in love for a lifetime ». Cela étant dit, ou pour cette raison, je ne suis pas d’accord avec cette idée de Virginia, le soulagement d’avoir terminé. Quel soulagement ? Non.

dimanche 3 mars 2019

17

Writer’s life (17)
Où est-elle cette pisseuse et son premier roman
Rencontrée en septembre ou octobre dans un train
Qui me parlait des Prix qu’on lui promettait tant
S’imaginant déjà l’emporter haut la main
Où est-elle maintenant ravale-t-elle son chagrin
Y a t il un journaliste pour suivre ses exploits
Ou espérer encore lui rouler un patin
Dans ces nuits où l’alcool est un marieur ingrat
Elle n’a plus guère d’article à mettre sur Instagram
Pour convaincre un public qu’elle a le premier rôle
Comme il faut bien sa dose chaque jour d’un peu de joie
À défaut d’un article elle dévoile une épaule
Je vois encore sa bouche insatiable dans le train
Me parlant de ces prix qu’on lui promettait tant
Croquant dans un carré Michel et Augustin
Affichant le sourire hautain des conquérants.
Elle était si ravie de faire partie des listes
Qu’elle me faisait penser à cette fille d’autrefois
Qui sortait tous les soirs et les physionomistes
L’appelaient par son prénom du Baron au ChaCha
Et au Paris Paris où nous nous retrouvions
Elle me parlait des types qui lui faisaient la cour
Elle me parlait des types sans me parler d’amour
C’est ainsi j’imagine que nous nous amusions
Où est-elle aujourd’hui, où rentre-t-elle le soir ?
Y a t il quelqu’un qui puisse apaiser ses miroirs ?
Elle connut la passion d’être adulée un temps
Et bosse dorénavant sur un deuxième roman.

samedi 16 février 2019

16

Writer’s life (16)

Mon père possédait peu de livres. Grand sportif pas grand lecteur (bien que commencer ou finir certains livres s’apparentent souvent à un marathon). 
Il aimait « Vol de nuit » qui lui rappelait sa carrière d’aviateur et l’époque dans laquelle il avait déployé ses ailes. Je retrouve son exemplaire et tombe sur cette phrase de Saint-Ex : «Cette femme était très belle. Elle révélait aux hommes le monde sacré du bonheur. » Purée !
Commencé et terminé ce week-end le scénario d’une idée de court-métrage qui m’est venu l’autre jour. Finalement, ce qui me rapproche de mon père c’est que j’écris comme il traversait les océans à bord de son avion, quand il faisait la liaison Paris-Los Angeles-Tahiti, une nuit et un demi-jour, ce genre de traversée sans escale.
Au café Le Hibou, Carrefour de l’odéon, je dis à Zoé que dans un de ces livres de santé/bien-être que j’ai vus dans le bureau de Marie-Hélène, un docteur affirme que « Si on ne mange pas le matin on reste jeune + longtemps », et que justement je ne mange jamais le matin ! Et Zoé me dit : Mais tu sais que les fumeurs aussi ne mangent pas le matin. Et elle ajoute : « Les fumeurs ne mangent pas le matin et pourtant ils meurent souvent ». « Ah, mais ça c’est un formidable titre de livre dis-je à Zoé». « Ah oui, fait-elle, à la Katherine Pancol ! Euh…je pensais plutôt à Raymond Chandler mais bon…
Il faut que je trouve des projets excitants, chansons, histoires, univers à inventer ou conquérir (par l’écriture) sinon la fin du travail sur mon roman va me laisser complètement liquide. Heureusement, en société, je sais me tenir (à la surface). C’est l’avantage principal, j’imagine, de la société, du cocktail : appelé par la profondeur, balloté par les remous, le coeur surnage comme une olive.

vendredi 15 février 2019

15

Writer's life (15)
Dans l’introduction de « Brisure à Senestre », Vladimir Nabokov dit : « Quand je reviens à mes livres, ce qui me plait le plus, c’est le murmure qui accompagne telle ou telle mélodie secrète ». Que dans mon prochain roman on entende le + possible ce « murmure qui accompagne telle ou telle mélodie secrète » est vraiment ce que j’ai essayé de faire. Sans relâche.
Je marche le long de la mer. La contemple. Elle est ici et immense, comme la nostalgie d’une fin de roman. La mer est une inconnue à deux bords.
Quand je suis fatigué ou perdu, je travaille. Seule façon de me retrouver. De retrouver un corps. De retrouver un peu de flamme. D’espoir par la fiction. (Comme dans l’amour ?)
Olivier me dit qu’il a fait toute sa carrière (amoureuse et le reste) sur ses yeux verts. Puis il ajoute et soutient que génétiquement c’est une sorte de malformation d’avoir les yeux verts, comme posséder un deuxième pouce à une main, ou un troisième téton.
Soren me dit que celui qui aime est toujours celui qui attend. Hum. J’ai envie de dire : Celui qui aime n’attend que celle qui l’attend. Tout le reste est simagrée. (Je ne le pense pas une seconde, pas du tout, mais suis prêt à l’affirmer avec panache)
Quand je lis ce qui se dit parfois sur les romans… Tous ces cons qui donnent des leçons sur ce que devrait être la littérature aujourd’hui et dont on oubliera bientôt les livres.

dimanche 10 février 2019

14

Writer’s life (14)
Travail acharné sur mon prochain roman. J’essaye de trouver la grâce, d’affiner vers la grâce, et en même temps il y a ces scènes qui constituent le roman et desquelles je n’arrive pas à me défaire. Je n’ai pas envie que le roman me mette à la porte de ces scènes. Je m’aperçois surtout qu’avec ce roman je vis un des problèmes que j’expose dans le dernier, la façon de travailler de mon héros dans 37.
Avec 37, étoiles filantes qui se passe entre Montparnasse et Saint-Germain-des-Prés, je pensais quand même qu’on me donnerait un Prix de Brasserie. Eh bien non, comme quoi : Nul n’est pro-fête en son Paris.
Keren me parle de sa nouvelle chanson, elle lui a été inspirée par Virginia Woolf, enfin la rencontre de ce que lui inspirait le destin de Virginia Woolf et ce qu’elle était en train de vivre au moment de sa création. On a une très bonne discussion avec Keren sur la création, le fait que ce que l’on expérimente de crucial ou de vivant part se loger pour exister dans le travail. Y plonge (pardon Virginia), y resplendit. Dans le métro aérien ensuite, j’écoute en boucle la chanson de Keren qui s’appelle : « Sous l’eau ».
Je replonge dans mon roman (si je puis dire) tout le week-end. Dès le mois de mars une nouvelle grande tournée avec les livres m’attend.
Jules me dit que je fais partie de l’extrême minorité des humains qui ne croit pas aux Illuminati, qui aime Keira Knightley et qui n’a pas de chiottes à la turc à la maison.
Zoé me dit qu’il existe deux types d’hommes : les séduisants et les séducteurs. Bon, j’imagine que l’on préfère tous être dans la première catégorie.

274

  Writer’s   life (274) Ce n’était peut-être pas le bon soir pour se rendre à un dîner (prévu de longue date) dans le quartier République-G...