jeudi 28 mars 2019

21

Writer’s life (21)
Tout ce que je crève de dire dans la vie sans que je trouve la circonstance pour, tout cela part dans les livres. Tout cela fait le livre.
Paris, deux heures du matin. Le chauffeur de taxi à la question duquel : « Que faites-vous dans la vie ? » je réponds « écrivain », commence à me parler de son « livre préféré de tous les temps » de son auteur fétiche : L.F. Céline. Là, je me dis « oh non par pitié, pas un sempiternel éloge de Voyage au Bout de la nuit », en même temps dans un Taxi, la nuit, soyons indulgent, et en fait non le mec me branche direct sur « Bagatelle pour un massacre », livre qu’il trouve superbe, ponctué de remarques : « On ne peut pas le dire à tout le monde mais les allemands ils ne voulaient pas la guerre »… En fait, ce qui me rend malade dans cette vie, ce n’est pas tant la bêtise que l’indécence. Bon, ça ne me rend pas malade. Je réserve mon chagrin à des choses qui m’emportent, mais, je veux dire, je ne comprends jamais l’indécence. Ça me passe au-dessus.
À Rennes, j’ai été pris en otage (consentant) par un groupe de filles (dont Manon) qui écrivent des livres jeunesse et pour qui le mot AUTRICE n’accepte pas de contestation. J’ai osé dire que je trouvais ça moche, je me suis mangé des volées de bois vert. « Et on dit bien ACTRICE et ça ne te choque pas etc. etc. » En même temps, je préfère toujours être à une table de filles même si elles veulent me lyncher que d’être à une table où il n’y a que des types et où, sans aucun horizon, je m’ennuie à périr.
J’écris des chansons. Des textes. Ça revient (après l’expérience du roman). C’est là. Quand je marche dans Paris. Dans les tombées de nuit.
Merveilleuse rencontre autour de mon travail avec les élèves (collège et lycée) du groupe scolaire de La Tour dans le seizième. Les questions étaient étourdissantes d’acuité et de profondeur. Une élève me demande : « Comment faites-vous, comment avez-vous fait, pour garder et préserver votre sensibilité ? »
J’ai trouvé cette question si belle, si pure, que, de toute façon, toute réponse que j’aurais pu donner aurait été en dessous.

mercredi 20 mars 2019

20

Writer’s life (20)
Montparnasse, en traversant le boulevard, aveuglé par un bus envahissant j’ai failli me faire écraser par un taxi. À trois secondes près c’en eut été fini de toute cette mélancolie.
On parle avec Loulou de nos prochains livres à paraître. Ce sera notre deuxième rentrée littéraire ensemble. Je lui dis : « Tout mon coeur est dans ce livre », elle me dit : « Plus que dans les autres ? »
Jennifer me fait plaisir en me parlant de mes poèmes, ces petits instantanés que j’écris, elle dit qu’ils mériteraient de paraître en recueil, je lui réponds que j’ai déjà eu plusieurs propositions en ce sens mais pour l’instant je ne sais pas, je me satisfais de leur forme immédiate, intense et volatile.
Phrase admirable de Zoé qui me parle d’une fille qui est toujours dans le rapport de force :
« J’ai pas besoin de me mesurer à elle, j’ai déjà les résultats. »
Dans mon prochain roman, il y a une petite phrase qui est la quintessence de mon père. Je dis à propos d’un personnage : d’une générosité au-dessus de la moyenne. Dès que je pense à lui, c’est ça qui me vient : c’était un homme d’une générosité au-dessus de la moyenne. Et je n’ai pas eu le temps de lui rendre un peu de cette générosité. Souvent je marche dans Paris, je pense à ça, et le chagrin s’abat sur moi. J’avais déjà parlé dans Les jonquilles de Green Park, de cette impossibilité du retour, quand vous êtes confronté à des personnes d’une générosité au-dessus de la moyenne.

dimanche 17 mars 2019

19

Writer’s life (19)
Dans mon prochain roman, j’ai mis la chose que je préfère au monde. Que rien n’égale pour moi. Excepté peut-être certains noëls de mon enfance (mais cela ne reviendra pas).
Au salon du livre de Paris, l’auteur à succès qui fait dégager les livres de ma copine Héloïse au profit de Christine Ockrent, estimant sans doute + chic de dédicacer à côté de la célèbre journaliste. Toute cette petite affaire s’est combinée pendant qu’Héloïse s’était absentée un instant pour venir me parler. En 3mn le type en profite pour dégager (ou faire dégager) les livres. Héloïse retourne à sa place, ce n’était plus sa place. Nous étions choqués. Quand je pense que dernièrement j’ai dîné à la table de ce type (les rares échanges que j’avais eus avec lui et un de ses potes m’avaient déjà gonflé).
Un grand moment de ce salon est la réaction de Nathalie quand je lui montre le titre de mon prochain roman. Éclat spontané de ravissement, ce qui donne confiance. Tout le week-end j’ai trimballé avec moi les épreuves du roman (comme un Talisman). Autre moment sympa, Bernard Nimier qui vient me voir pour me dire à quel point il a aimé ma nouvelle dans le Rock Fictions de Carole Epinette.
Écouté en boucle le nouvel album de Keren. Magnifique, de sincérité. Peu à peu les choses se mettent en place pour l’écriture de mes nouvelles chansons, bientôt je vais être mûr, l’architecture se précise au gré des jours, des émotions, bientôt les chansons seront inévitables (comme avec l’écriture du roman).

dimanche 10 mars 2019

18

Writer’s life (18)

Travaillé tout le week-end sur un nouveau projet. C’est si joyeux d’être emporté. Tant que l’inspiration est là, il faut y aller. Ce qui vous fout dedans, c’est l’interruption. Dans la vie aussi, je crois. Dieu que je hais les interruptions quand je suis porté par quelque chose (ou quelqu’un) qui me concerne.
Me suis battu avec des corrections sur une « nouvelle » qui va être bientôt publiée. Finalement, ce sera vraiment très bien. Mais j’ai dû tout repasser parce que la correctrice avait suggéré pas mal de petits trucs qui peuvent bien sûr paraître anodins mais qui cassaient mon rythme et mes intentions (et mon moral). Par exemple j’écris : « dans l’espace confiné de se marcher dessus », et après le passage de la correctrice ça devient : « dans un espace confiné où se marcher dessus. » Euh…je comprends que c’est + français sans doute mais si je l’ai écrit ainsi c’est que je trouve ça + rapide, meilleur de mon point de vue, bien + intuitif. En relisant la somme de corrections suggérées sur ma nouvelle, j’ai l’impression de ne pas savoir écrire, et en même temps je crois que pour que quelque chose sorte d’un texte il faut être ennemi du « savoir écrire ». Si un roman devient le rapport administratif d’une histoire à raconter, il faut travailler pour la télévision. Autre exemple, j’écris à l’origine : «Elle cherchait le ciel. Elle aussi, au gré d’une pause. », et ça devient : «Elle cherchait le ciel elle aussi, au gré d’une pause. » Là encore, pour moi, ce n’est pas du tout la même chose.  
J’aime les passerelles entre les livres (j’en mets le + possible entre les miens). Par exemple je trouve qu’il y a une passerelle entre cette phrase de Salinger dans The Laughing man : « The second was a girl aboard a carribean cruise ship in 1939, who threw her cigarette lighter at a porpoise » et une phrase de The Waves de Virginia Woolf : « For such gesture one falls hopelessly in love for a lifetime ». Cela étant dit, ou pour cette raison, je ne suis pas d’accord avec cette idée de Virginia, le soulagement d’avoir terminé. Quel soulagement ? Non.

dimanche 3 mars 2019

17

Writer’s life (17)
Où est-elle cette pisseuse et son premier roman
Rencontrée en septembre ou octobre dans un train
Qui me parlait des Prix qu’on lui promettait tant
S’imaginant déjà l’emporter haut la main
Où est-elle maintenant ravale-t-elle son chagrin
Y a t il un journaliste pour suivre ses exploits
Ou espérer encore lui rouler un patin
Dans ces nuits où l’alcool est un marieur ingrat
Elle n’a plus guère d’article à mettre sur Instagram
Pour convaincre un public qu’elle a le premier rôle
Comme il faut bien sa dose chaque jour d’un peu de joie
À défaut d’un article elle dévoile une épaule
Je vois encore sa bouche insatiable dans le train
Me parlant de ces prix qu’on lui promettait tant
Croquant dans un carré Michel et Augustin
Affichant le sourire hautain des conquérants.
Elle était si ravie de faire partie des listes
Qu’elle me faisait penser à cette fille d’autrefois
Qui sortait tous les soirs et les physionomistes
L’appelaient par son prénom du Baron au ChaCha
Et au Paris Paris où nous nous retrouvions
Elle me parlait des types qui lui faisaient la cour
Elle me parlait des types sans me parler d’amour
C’est ainsi j’imagine que nous nous amusions
Où est-elle aujourd’hui, où rentre-t-elle le soir ?
Y a t il quelqu’un qui puisse apaiser ses miroirs ?
Elle connut la passion d’être adulée un temps
Et bosse dorénavant sur un deuxième roman.

samedi 16 février 2019

16

Writer’s life (16)

Mon père possédait peu de livres. Grand sportif pas grand lecteur (bien que commencer ou finir certains livres s’apparentent souvent à un marathon). 
Il aimait « Vol de nuit » qui lui rappelait sa carrière d’aviateur et l’époque dans laquelle il avait déployé ses ailes. Je retrouve son exemplaire et tombe sur cette phrase de Saint-Ex : «Cette femme était très belle. Elle révélait aux hommes le monde sacré du bonheur. » Purée !
Commencé et terminé ce week-end le scénario d’une idée de court-métrage qui m’est venu l’autre jour. Finalement, ce qui me rapproche de mon père c’est que j’écris comme il traversait les océans à bord de son avion, quand il faisait la liaison Paris-Los Angeles-Tahiti, une nuit et un demi-jour, ce genre de traversée sans escale.
Au café Le Hibou, Carrefour de l’odéon, je dis à Zoé que dans un de ces livres de santé/bien-être que j’ai vus dans le bureau de Marie-Hélène, un docteur affirme que « Si on ne mange pas le matin on reste jeune + longtemps », et que justement je ne mange jamais le matin ! Et Zoé me dit : Mais tu sais que les fumeurs aussi ne mangent pas le matin. Et elle ajoute : « Les fumeurs ne mangent pas le matin et pourtant ils meurent souvent ». « Ah, mais ça c’est un formidable titre de livre dis-je à Zoé». « Ah oui, fait-elle, à la Katherine Pancol ! Euh…je pensais plutôt à Raymond Chandler mais bon…
Il faut que je trouve des projets excitants, chansons, histoires, univers à inventer ou conquérir (par l’écriture) sinon la fin du travail sur mon roman va me laisser complètement liquide. Heureusement, en société, je sais me tenir (à la surface). C’est l’avantage principal, j’imagine, de la société, du cocktail : appelé par la profondeur, balloté par les remous, le coeur surnage comme une olive.

vendredi 15 février 2019

15

Writer's life (15)
Dans l’introduction de « Brisure à Senestre », Vladimir Nabokov dit : « Quand je reviens à mes livres, ce qui me plait le plus, c’est le murmure qui accompagne telle ou telle mélodie secrète ». Que dans mon prochain roman on entende le + possible ce « murmure qui accompagne telle ou telle mélodie secrète » est vraiment ce que j’ai essayé de faire. Sans relâche.
Je marche le long de la mer. La contemple. Elle est ici et immense, comme la nostalgie d’une fin de roman. La mer est une inconnue à deux bords.
Quand je suis fatigué ou perdu, je travaille. Seule façon de me retrouver. De retrouver un corps. De retrouver un peu de flamme. D’espoir par la fiction. (Comme dans l’amour ?)
Olivier me dit qu’il a fait toute sa carrière (amoureuse et le reste) sur ses yeux verts. Puis il ajoute et soutient que génétiquement c’est une sorte de malformation d’avoir les yeux verts, comme posséder un deuxième pouce à une main, ou un troisième téton.
Soren me dit que celui qui aime est toujours celui qui attend. Hum. J’ai envie de dire : Celui qui aime n’attend que celle qui l’attend. Tout le reste est simagrée. (Je ne le pense pas une seconde, pas du tout, mais suis prêt à l’affirmer avec panache)
Quand je lis ce qui se dit parfois sur les romans… Tous ces cons qui donnent des leçons sur ce que devrait être la littérature aujourd’hui et dont on oubliera bientôt les livres.

dimanche 10 février 2019

14

Writer’s life (14)
Travail acharné sur mon prochain roman. J’essaye de trouver la grâce, d’affiner vers la grâce, et en même temps il y a ces scènes qui constituent le roman et desquelles je n’arrive pas à me défaire. Je n’ai pas envie que le roman me mette à la porte de ces scènes. Je m’aperçois surtout qu’avec ce roman je vis un des problèmes que j’expose dans le dernier, la façon de travailler de mon héros dans 37.
Avec 37, étoiles filantes qui se passe entre Montparnasse et Saint-Germain-des-Prés, je pensais quand même qu’on me donnerait un Prix de Brasserie. Eh bien non, comme quoi : Nul n’est pro-fête en son Paris.
Keren me parle de sa nouvelle chanson, elle lui a été inspirée par Virginia Woolf, enfin la rencontre de ce que lui inspirait le destin de Virginia Woolf et ce qu’elle était en train de vivre au moment de sa création. On a une très bonne discussion avec Keren sur la création, le fait que ce que l’on expérimente de crucial ou de vivant part se loger pour exister dans le travail. Y plonge (pardon Virginia), y resplendit. Dans le métro aérien ensuite, j’écoute en boucle la chanson de Keren qui s’appelle : « Sous l’eau ».
Je replonge dans mon roman (si je puis dire) tout le week-end. Dès le mois de mars une nouvelle grande tournée avec les livres m’attend.
Jules me dit que je fais partie de l’extrême minorité des humains qui ne croit pas aux Illuminati, qui aime Keira Knightley et qui n’a pas de chiottes à la turc à la maison.
Zoé me dit qu’il existe deux types d’hommes : les séduisants et les séducteurs. Bon, j’imagine que l’on préfère tous être dans la première catégorie.

lundi 28 janvier 2019

13

Writer’s life (13)
Six mois après sa sortie, toujours de très bons échos de 37, étoiles filantes. On me dit aussi que c’est un livre étourdissant de drôlerie. Encore une fois, je trouve le monde extérieur (pour parler comme Marguerite) tellement sinistre que ce n’est pas pour en rajouter une pelleté dans mon travail. Drôle certes, mais je trouve qu’il y a des passages si tristes dans ce livre. Par exemple, quand Alberto est à la Closerie des Lilas, et se retrouve à table à l’exact opposé de là où est installée Julia. Je pense que du point de vue d’Alberto c’est éperdument triste ce moment. Quand je l’écris, je n’ai qu’une envie, c’est rajouter le plus possible de choses légères ou drôles tellement je trouve ça triste, voire, quand ce genre de trucs m’arrive, irréconciliable de tristesse.
X, qui veut plaire à tout prix, mais qui a la grossièreté des gens qui se fâchent et la vulgarité des gens qui s’affichent.
Croisé Romain (S) qui m’a dit qu’il était tout heureux de faire une nouvelle rentrée littéraire chez Laffont à mes côtés. Sentiment bien réciproque.
Terminé et envoyé ma Nouvelle londonienne pour le recueil « Un couple, une ville » des éditions Charleston. Je quitte toujours à regret l’atmosphère d’une nouvelle, après l’avoir lue et relue encore pour changer un mot par ici, par là. Atteindre la musique exacte. Un peu comme une chanson. Sauf qu’on ne peut pas comme avec une chanteuse ou un chanteur se tenir à côté de chaque lectrice ou lecteur pour savoir si ça sonne parfaitement à sa lecture. Et puis, Il y a quand même un moment où il faut envoyer, comme un plat hors la cuisine dans une salle qu’on espère de grand restaurant (on ne voit jamais la salle à l’avance). Pour un roman, je dirais qu’il faut bien + de temps pour passer à autre chose, quand c’est réussi, il nous habite, nous porte, nous constitue, mais encore une fois si c’est réussi il y a quelque chose d’instantané et de durable à l’intérieur qui doit faire qu’on n’est jamais en mesure de le quitter.
Depuis que je suis dans l’écriture de mon prochain roman, je ne sais pas quand j’ai dormi ? Ah oui, plus tard !

dimanche 27 janvier 2019

12

Writer’s life (12)
Je descends le boulevard Saint-Germain à la nuit tombée avec dans les oreilles la chanson de Richard Ashcroft : A song for the lovers. Bonne expérience !
En traversant la place Saint-Sulpice et me parlant d’un épisode de sa vie, Marie me dit que le chagrin créé les erreurs.
Zoé pense que les hommes écrivains plaisent car c’est une activité virile. Et que Marguerite Duras est aussi, selon elle, dans un rapport d’écriture virile. Pour la raison qu’elle aime comme un homme.
J’étais vraiment fatigué et abattu cette semaine parce que j’ai dû passer sans convalescence de l’intensité mise dans mon prochain roman à l’écriture d’une nouvelle que je voudrais plus légère. J’ai eu du mal en fin de semaine à me mettre dans le rythme, dans le ton, toujours chahuté par les scènes de mon roman que je continue à habiter. J’ai enfin renoué ce weekend avec la possibilité de ce que je voulais faire dans ma nouvelle en cours/fin d’écriture (bien teintée quand même de l’intensité du roman).
Beaucoup de monde malgré le contexte des samedis à Paris au salon de la Mairie du 7. Super organisation. Avec un nombre humain d’auteurs, et éclectique c'est toujours pour le mieux.
Dans les années 90 et 2000, j’étais toujours fourré entre Sèvres-Bab et Odéon, c’était ma maison, le sang de mes nuits. J’aimerais bien reprendre une petite location, même provisoire, dans le quartier, mais c’est tellement cher, si décourageant, pas possible en ce moment. Zoé me dit : Tu devrais trouver une place fixe dans un Journal. Tu leur ferais des billets d’humeurs, des chroniques originales. Il te faudrait un journal avec lequel tu te sentes des affinités et auquel tu puisses proposer tes services.
Je réfléchis et réponds :
-Strange spéciales origines ?

dimanche 13 janvier 2019

11

Writer's life (11)
Travaillé tout le week-end sans dormir quasiment, possédé par mes sujets ; bien avancé sur ma nouvelle à rendre pour un recueil collectif des éditions Charleston, et repris comme un marathonien les 100 pages d’un projet de scénario ; juste une pause pour aller voir la mer (venteuse et grise) avec « Paul » de Big Thief dans les oreilles.
L’autre soir, revu Enguerrand à la dédicace d’Arnaud rue Cler, me suis inquiété parce que je l’ai trouvé bien amaigri. Il m’a répondu « ne t’en fais pas c’est mon amoureuse qui m’a offert un vélo d’appartement et j’ai fondu ». Enguerrand et moi avons convenu que le vélo était dans le trio de tête de la minceur probante juste après le chagrin d’amour/rupture qui fait pas mal fondre aussi. Attends, dis-je à Enguerrand, en 3 le vélo d’appartement, en 2 le chagrin d’amour, et en 1er, proms indétrônable : les prémices en soi d’un amour qu’on pense impossible.
Acheté chez W.H. Smith le nouveau numéro de THE HAPPY READER qui est sans doute l’un de mes magazines préférés. J’ai même acheté plusieurs exemplaires du numéro où il y avait Lily Cole en couverture. My kind of reading and my kind of girl, I suppose.
J’ai pris un verre avec Aïda et Jules, et Jules a dit un truc très juste, parce que je parlais de l’autobiographie de Samuel Fuller qui est extraordinaire et que je voulais lire la bio de Sergio Leone et Jules me dit que les autobios sont toujours bien + intéressantes que les bios parce que la part fictionnelle y est + grande ou du moins bien meilleure. C’est exactement ce que je pense.
Jules pense aussi que de nos jours l’auto-fiction a été remplacée par l’auto-promotion. Oui. Bien sûr.
Élise me dit qu’elle m’observe beaucoup, qu’elle m’étudie, et qu’elle trouve que je vis dans le présent. Comment ça dans le présent, m’insurge-je, moi qui pensais toujours vivre entre le regret et la promesse.

274

  Writer’s   life (274) Ce n’était peut-être pas le bon soir pour se rendre à un dîner (prévu de longue date) dans le quartier République-G...