Jean-Louis Murat : une oeuvre remarquable doublée d’une sensibilité remarquable doublée d’une intelligence remarquable. Lu pas mal de critiques sur la réalisatrice qui a gagné la palme d’or à Cannes et en a profité pour faire un speech sur la réforme des retraites. Bon, en fait il ne se dit tellement rien d’intéressant lors des remises de prix, c’est pour ça que j’étais frustré qu’on me décerne mon Grand Prix Sacem de la chanson française pendant le confinement, parce que si la cérémonie avait eu lieu comme d’habitude salle Pleyel devant tout le métier j’en aurais profité pour dire deux trois vérités (avec humour, bien sûr) sur la merde que c’est (souvent), et le parcours du combattant que c’est (toujours), d’être une autrice ou un auteur qui cherche à faire une oeuvre (ou + simplement à travailler/avancer) . Dans le TGV, une fille avec L’âge des amours égotistes en Pocket, en sandwich entre quatre volumes de Spy Family. Le problème pour les artistes aujourd’hui est qu’il faut toujours qu’ils s’adaptent, avec un système, avec tout un tas de contingences, de données, alors que l’artiste crée justement parce qu’il est inadapté à ce qu’il voit, ce qu’on lui dit ou demande, enfin la plupart du temps la création nait d’un refus ou d’une impossibilité d’adaptation, je veux dire : l’impossibilité de rentrer dans le rang des choses. L’écriture rend justice, aussi. Chez Gibert où L’âge des amours égoïstes en version poche est toujours à l’honneur, j’achète pour mes prochains voyages en train deux des dernières parutions de Bruno Doucet : « Dans une région obscure » de Eom Won-Tae, et « Dans ma chevelure » de Roja Chamankar. Un type né à la fin des années 40 et qui partage avec moi le même prénom, me dit qu’à son époque Jérôme était un prénom rare, insolite et maudit. Les filles trouvaient ce prénom ridicule, alors à l’âge de 20 ans, pour séduire et emballer, il se faisait appeler : Christian.
Journal de bord et réflexions d'un écrivain dans ce monde trouble, troublant, et troublé.
lundi 5 juin 2023
dimanche 14 mai 2023
238
Writer’s life (238)
vendredi 28 avril 2023
237
Tombé par hasard en allumant la télé sur un doc où apparaît michel Delpech. Je me souviens que ma mère aimait beaucoup ce chanteur, et j’ai pensé : dommage qu’elle n’ait plus été de ce monde quand il a chanté un de mes textes. Puis j’ai vérifié les dates, la chanson « Des compagnons » est sortie en 2009 et ma mère est morte en 2014, donc bien sûr qu’elle l’a écoutée, ce dont je n’ai pas spécialement gardé mémoire. Vu mon excès de pudeur qui avait tendance à fuir tous les commentaires de mes parents sur mon travail, j’ai dû lui dire : « Tiens, voilà, Michel Delpech chante cette chanson que j’ai écrite », et j’ai dû fuir à l’autre bout de la planète pendant qu’elle l’écoutait.
lundi 10 avril 2023
236
Writerslife (236)
mardi 4 avril 2023
235
Bien crevé par tous les divers fronts (festivals du livre /écoles /sciencespo/SACEM/écriture/chansons/ateliers d’écriture/projets de livres etc/ et je voudrais en faire + encore). Dans les classes de CM1/CM2 où je suis allé récemment animer des ateliers de création d’histoires, d’anifaux, ou parler d’Alcie, quand les enfants me demandent quand sortira le tome 3, je leur dis franchement que l’éditeur n’a pas commandé de suite aux deux premiers épisodes ; ce qui me permet d’expliquer ce qu’est un éditeur, et aussi, ce que vaut un auteur.
jeudi 30 mars 2023
234
Writer’s life (234)
jeudi 8 décembre 2022
233
J’ai accompagné une jeune femme ukrainienne et sa mère dans le dédale des rues de Montparnasse jusqu’à la gare où un train l’attendait pour Poitiers. Elle me raconte en anglais comment dès février le village qu’elle habitait proche de la frontière russe a été bombardé. Les vitres qui volaient en éclat, soudainement. Elle me dit : C’était inimaginable, et maintenant je sais que ça peut arriver à tout moment. Elle a trouvé refuge en France avec sa mère et son fils de un an, et loue un petit appartement à Poitiers. Elle parle vite, me raconte pleine de choses et nous cavalons dans les rues au rythme de nos paroles dans un anglais peu habile mais suffisant pour nous comprendre. Sa mère nous suit derrière, une toute petite femme timide. Parfois, je ralentis pour que sa mère puisse suivre la cadence des mots et des pas. Nous continuons à parler de l’horreur de la guerre, et, pour apporter un peu de sourire, de la laideur de la tour Montparnasse qui se profile devant nous. Je les quitte devant la gare et garde longtemps en mémoire après cette conversation haletante la distance que gardait ou qu’essayait de combler cette petite femme qui nous suivait.
jeudi 24 novembre 2022
232
À Toulon, une rencontre en public avec Adeline assez surprenante autour de nos deux Petits éloges (du baiser, de la jouissance féminine). Le public a commencé a interagir, les lectrices ont pris la parole, ont discuté de leur propre relation au désir, au plaisir, c’était assez dingue. Nathalie qui modérait la rencontre nous a dit qu’elle n’avait jamais rien connu de semblable.
jeudi 20 octobre 2022
231
Est-ce parce qu’il avait l’apparence d’un doux géant façon Roald Dahl que Jean Teulé me semblait toujours planer au dessus des autres, dans les festivals, à table dans les dîners (Vannes, Quimper, Brive etc.) souriant, dans son monde, cerf-volant malicieux parfois dans l’obligation de se plier aux exigences d’un cadre photo, avec pour attache et fil conducteur à la terre ferme, la présence bienveillante de Betty, son éditrice ? J’écris à Sarah qui m’apprend la nouvelle de sa disparition que lorsqu’un écrivain nous quitte j’ai la sensation que c’est nous toutes et tous, la communauté des autrices et des auteurs, qui sommes touchés.
lundi 3 octobre 2022
230
À Livres en Vignes, une femme accompagnée de sa fille vient me voir pour me dire combien la lecture du « Petit éloge du baiser » (que je lui ai dédicacé l’année dernière) l’a réconfortée dans une période très sombre pour elle. Toujours ces beaux échanges, ces déclarations autour de mon travail, qui justifient le travail.
jeudi 22 septembre 2022
229
Writerslife (229)
274
Writer’s life (274) Ce n’était peut-être pas le bon soir pour se rendre à un dîner (prévu de longue date) dans le quartier République-G...