Journal de bord et réflexions d'un écrivain dans ce monde trouble, troublant, et troublé.
samedi 14 mars 2020
93
Writer’s life (93)
Période bien sombre pour les écrivains qui ne sont pas touchés par la grâce d’un succès démentiel et dont les ressources principales concernent les rencontres, les interventions en milieu scolaire, les tables rondes etc. Déjà que nous avons eu les gilets jaunes et les grèves des transports. La saison dernière, pour la Petite sonneuse de cloches, j’ai dû annuler une demi-douzaine de dates, et dans les semaines qui viennent c’est pas moins d’une vingtaine d’événements rémunérés qui partent en fumée. Hum ! « Contre mauvaise fortune, bon coeur », dit l’adage. Je viens de retrouver une photo de l’arbre magnifique qui était du côté rue dans le jardin de la maison de Marsinval. Lui aussi est passé par tant d’hivers, et toujours il a su refleurir de plus belle. Mes parents aimaient tellement leur jardin et cet arbre. Je pense à ma mère qui ne s’est jamais laissée décourager par l’adversité. Moi, un rien m’effraie, comme depuis le jour où j’avais trouvé mon père étalé de tout son long dans l’entrée de la maison, suite à un premier infarctus. Je ne sais pas pourquoi je pense à ça. J’étais seul avec lui, ma mère travaillait. Je me suis senti tellement désemparé, impuissant face à mon père prostré et à terre. Heureusement je crois, un voisin est arrivé ou je suis allé chercher un voisin (je ne sais plus). Je reviens vers l’arbre sur la photo. L’arbre qui souffrait, endurait, puis qui refleurissait à chaque saison, et moi, surprotégé par mes parents, qui n’avais vraiment pas ou peu conscience des douleurs de ce monde.
Après une longue promenade dans le vent, j’ai passé l’après-midi à travailler sur un prochain roman.
#writerslife
vendredi 13 mars 2020
92
Writer’s life (92)
Étrange dans le contexte actuel de commencer à travailler sur ce «Petit éloge du baiser » que m’a demandé Aude. Moi qui, dans l’adolescence et ce qui s’en suit, suis mort + d’une fois en dedans pour un baiser que je n’ai pas pu donner, ou échanger, j’ai la sensation aujourd’hui qu’un baiser peut conduire à la mort. Un baiser qui conduit à la mort, c’est vraiment la fin de la civilisation.
C’est une file ininterrompue d’annulations : mes rencontres pour les romans, les interventions scolaires, les dédicaces en librairie, à chaque fois je prends et partage la tristesse et le désarroi de chaque organisateur.
Dernier atelier d’écriture à Nancy. Beaucoup d’émotion avec les étudiantes et étudiants que je retrouvais deux fois par semaine depuis début janvier. Hier soir, ils m’avaient préparé une fête. Je n’avais pas bu de cherry coke depuis 1997. J’ai fait pas mal de blagues pour détourner l’émotion qui nous étreignait tous. En relisant les poèmes et textes courts produits pendant l’atelier, je me dis : quand même quelle lumière, quelle force et quelle intensité nous avons réussi à créer !
Envoyé à Fred le texte du tome 2 d’Alcie après une dernière relecture avec Charlotte.
Quelques jonquilles apparaissent dans le paysage entre Le Mans et Nantes, et je pense à mes héros des Jonquilles de Green Park, Mila et Tommy qui continuent de s’attendre et de se retrouver quelque part en moi.
Dans les rues de Paris. Toujours ce goût de trop peu /d’interruption badine, qui me fragilise.
En amour aussi, tout est une question d’accueillir, de succomber à, d’assimiler, de partager, de fuir, de s’offrir à, ou de quitter, une obsession.
#writerslife
jeudi 12 mars 2020
91
Writer’s life (91)
Joli message de Marie qui me dit : «Mardi on t’a adoré pour toujours », dans mon rôle de maître de cérémonie au Prix Castel du roman de la nuit. Le lendemain, dès l’aube direction Montaigu pour les délibérations du Prix Ouest Jeunesse. Heureux d’être là-bas avec Patricia et toute l’équipe au lendemain du choc qu’a été la nouvelle de l’annulation du festival. Tout le pays semble s’effondrer de manière + ou - rationnelle et la culture, comme souvent, est dans les premiers à tomber. Dans le TGV, rencontre impromptue avec Jean-Yves qui m’annonce que ses concerts avec Michel Jonasz s’annulent également.
Rencontre en médiathèque avec des enfants. Avec Fred, on réussit à faire un super tandem pour les captiver et les faire marrer. J’ai commencé par inscrire au tableau des tas d’équations incompréhensibles et j’ai dit aux enfants (entre 4 et 8 ans) : « Allez, on vous donne cinq minutes ». On a travaillé sur Alcie et les portraits d’anifaux, une des trouvailles du livre. Fred qui revient du Mexique raconte Cortés et les premiers conquistadors qui se font dévorer par des alligators. Je dis aux enfants : « Vous voyez, les enfants, quand vous avez du chagrin dans la journée, dites-vous qu’au moins vous êtes mangeables ! » Bref, tout le monde a bien rigolé.
Je réponds à une interview sur l’écriture de romans. Je dis que le roman est pour moi un espace à la fois vital et impossible. Parce que mes personnages s’y parlent comme il est impossible de parler avec quiconque dans la vie. Il y a un discours qui appartient à celui du rêve, du désir, et tout peut se dire en rendant justice à ce qui est dit. Peut-être qu’il y a une ou deux personnes avec lesquelles il m’est arrivé de parler dans la vie comme se parlent idéalement les personnages dans mes romans.
Rêvé de X. Elle me prenait dans ses bras. Me respirait. Ne me lâchait plus.
Grande tristesse avec tout le programme de rencontres et signatures qui s’annule. Pour me réconforter, entre autres un mot d’Azziz qui me rappelle ce proverbe anglais : « You never know what is around the corner »
#writerslife
samedi 7 mars 2020
90
Writer’s life (90)
Rapporté à Deauville l’affiche encadrée de la couverture de « La petite sonneuse de cloches » que m’a offert Charlotte. Huit mois après sa sortie, le roman continue à avoir de la visibilité en librairie comme je l’ai constaté cette semaine au Hall du livre à Nancy. Je voulais profiter de deux trois jours sans déplacement pour travailler de façon intensive (tant de projets) et ai passé la plupart du temps allongé en raison d’un mal et blocage du dos atroce. Sans doute les soucis, les incertitudes, le stress liés à tous ces événements qui s’annulent à cause du virus (déjà que plusieurs événements se sont annulés à cause des grèves en fin d’année) dans une période où je sors deux livres (mon Beatles et Alcie). L’hiver est impitoyable. Pour tous les auteurs, dont je fais partie, qui n’ont pas table, colonnes, et micros ouverts dans les médias spécialisés ou généralistes, c’est la merde.
Interrogé sur la soirée des Césars qui fait gonfler tant de commentaires. Ma réponse est en deux temps : 1. J’ai trouvé les vannes de la maîtresse de cérémonie affligeantes et odieuses. 2. Il m’est arrivé récemment, et à plusieurs reprises, de me barrer de soirées où j’étais en présence de choses ou de personnes qui m’exaspèrent ou dont le comportement ou les agissements m’écoeurent. Ainsi, dans de telles circonstances, quand je n’ai pas la possibilité de m’isoler avec une personne qui me plait, je me casse. C’est ma liberté. Et je me partage avec la nuit.
Dans un bar, Sylvain, qui enquille les bières, me dit : « J’adore ce moment où on est dans les bars et l’ivresse monte et on n’attend plus rien. »
Le soir dans les fêtes, ces filles qui ressemblent à des étoiles de mer à la peau ocre orangée (des néons) échouées sur la plage.
#writerslife
lundi 2 mars 2020
89
Writer’s life (89)
Dans le dos de Jessica et contre sa mise en garde, j’ai embrassé Claire. Une telle phrase pourrait être si charmante, mais totalement dénuée de soufre ou de charme si je la replace dans le contexte de la menace du coronavirus.
Découragé par l’annulation de Livres Paris. Pour une fois que j’y avais un planning super puissant de rencontres autour de mes livres, et qu’on aurait pu y célébrer la naissance d’Alcie. Grande déception mais il faut voir les choses avec philosophie. Tatiana, qui fait son service de presse en même temps que moi, me remonte le moral.
Pendant tout le temps du salon du livre de X, la fille à côté de moi n’arrêtait pas de distribuer des signets à la gloire de ses livres, chaque fois qu’une personne se risquait à passer devant les stands. Une fois, deux fois…Au bout de la cinquantième fois, j’avais envie de lui faire bouffer tout son lot. Elle a quand même vendu une demi-douzaine de ses livres grâce à ses foutus signets (sur une centaine distribuée).
Un attaché de presse qui dit à son auteur (de romans historiques) : «Tu vois tout ce monde pour la bd ? C’est déprimant ! En plus, regarde, c’est même pas des gosses qui font la queue pour des signatures, c’est que des vieux ! »
Avec Guillaume, nous parlons de nos James Bond préférés. Il a une prédilection pour Bons baisers de Russie, quand je choisis absolument The living daylights. Pour Maryam d’abord. Je veux dire, pour Maryam d’Abo. Ma James Bond girl favorite. Guillaume se mélange les pinceaux entre tous les James Bond. Pour lui, ce n’est qu’un unique et immense film de James Bond qu’il traverse avec gourmandise et courage.
Beaucoup de paroles enthousiastes sur mes quatre nouvelles finales dans mon livre Beatles.
Passé une grande partie de l’après-midi à ce que je préfère au monde.
#writerslife
jeudi 27 février 2020
88
Writer’s life (88)
Dans le TGV, le fracas des morceaux de glace qui se brisent sous la puissance du train. J’ai la sensation de partir en expédition vers les contrées du nord avec José Arcadio Buendia dans le roman de Gabriel Garcia Marquez : Cent ans de solitude, (ou, + effrayant, dans The terror de Dan Simmons) sauf que je vais à Nancy intervenir en fac de lettres et donner des ateliers d’écriture.
Tous ces livres sur lesquels on met dorénavant un « bandeau » dès le départ. Ces livres qui aguichent par un slogan, qui font les rayons et les tables comme on fait le trottoir. Peut-être qu’il y a des livres dont le secret espoir est d’échapper au « bandeau » qu’on leur colle à l’origine. Un bandeau, un bâillon.
Écrire, combat la volatilité de tout. Le manque de permanence, le manque d’adhérence, le visage changeant des êtres, des choses, des paysages. L’interaction déçue. La violence d’une réaction qui déraille. La violence qui s’invite quand vous n’avez rien demandé, la violence du système, la violence de la rue. L’impossibilité d’un baiser. Un amour en pointillés. La place que vous ne trouvez pas, dans le monde, avec l’autre. Mais écrire n’est pas qu’un combat. Vous êtes le bâtisseur d’un empire ou d’une cathédrale qui s’appelle le roman à venir et vous commencez à partir d’une émotion qui peut être aussi fragile qu’une brindille. Écrire, est aussi de l’ordre du parc ou du jardin car à l’intérieur il y a toujours quelque chose qui demande à éclore. Parfois un cri. Comme dans une chanson de John Lennon. Un cri qui demande à éclore.
Dans le Deauville-Paris, une fille à la chevelure extraordinaire (qu’elle a cachée, à l’arrivée, sous un bonnet blanc). Qu’est-ce qu’une fille à la chevelure extraordinaire fout dans un TER qui revient de la mer un mardi soir ? Et, est-ce que la mer, quand elle arrive à destination, se coiffe d’un bonnet blanc ? Oui, peut-être.
Les gens qui ne voient pas la virilité qu’il y a dans la douceur ont la plupart du temps un problème d’alcool.
#writerslife
lundi 24 février 2020
87
Writer’s life (87)
J’ai toujours du mal à comprendre comment les gens qui ne font pas grand chose peuvent donner des notes ou des points à des personnes qui tentent de construire une œuvre.
On m’interroge sur le sexisme en littérature. Je donne un exemple : Combien m’ont raconté avec admiration et sourire en coin cette anecdote où Romain Gary invite à sa table Jean Seberg et son mari de l’époque et demande au mari la permission d’essayer ses chaussures puis, à la fin du repas, lui déclare : « Maintenant que j’ai essayé vos chaussures, je vais prendre votre femme ! ». J’ai toujours trouvé cette anecdote affreuse. Pas parce que Gary séduit une femme mariée. Il faut bien qu’il y ait de nouvelles histoires d’amour pour bouleverser les quotidiens, célébrer l’expérience de la vie, écrire des romans inspirés et brûlants, ou devenir Picasso, mais j’ai toujours trouvé cette anecdote de « chaussures et de femme » profondément machiste, crâneuse et détestable. Loin du Romain Gary d’un livre que j’adore : « Les cerfs volants ».
Week-end studieux (comme souvent) : travail sur des chansons, et dernières retouches à un nouveau livre-disque jeunesse prévu pour septembre.
Deux jours à Londres où j’ai pris des instantanés pour l’écriture du prochain roman.
Top 5 des filles qui au cinéma traversent des chambres ou des appartements dans lesquels si je m’ y trouvais j’avalerais la clé : 1/Keira Knightley dans ce bon nanar qu’est Last night, 2/ Amanda Peet dans Mélinda et Mélinda, 3/ Veronika Lake dans I married a witch, 4/ Jacqueline Bisset dans La nuit américaine, 5/ Kate Beckinsale et Chloë Sevigny dans The last days of disco.
Dans mes ateliers d’écriture à Nancy, j’ai été heureux de faire découvrir aux étudiants les oeuvres poétiques de Raymond Carver et Richard Brautigan. Et tout aussi heureux de leur démontrer par l’inspiration et le travail qu’ils pouvaient prétendre à s’inscrire dans un même contexte poétique (dans la démarche et le résultat).
#writerslife
mardi 18 février 2020
86
Writerslife (86)
Une amie me dit : « C’est quoi toutes ces filles qui écrivent sur leur viol, leur agression sur des pages et des pages, est-ce qu’elles n’ont rien d’autre à raconter ? » « Et bien, réponds-je, si je considère que deux de mes amies sur trois ont subi des agressions sexuelles, je pense que c’est un sujet viscéral.» Le week-end dernier, une autre amie s’agaçait de la lettre ouverte que j’ai signée contre les agressions sexuelles dans le milieu de l’édition, en me disant : « Mais toutes ces filles qui se pressent pour aller sucer un type dès qu’il est un peu connu ! », « Ce n’est pas le sujet », ai-je objecté. Elle dit : « Pour moi, la meilleure façon de répondre à un type pressant c’est de lui mettre un coup de pied dans les couilles ! ». J’ai répondu à mon amie : «Mais voyons, tout le monde n’a pas ta force ! »
Reçu un très beau message d’une lectrice de « L’appel de Portobello road ». Elle me dit qu’elle a été touchée par une des dernières phrases du roman sur les gens qui se ratent de peu. Elle m’apprend que face à la disparition récente de son mari, cette phrase l’a un peu consolée car au moins ils ne se sont pas ratés de peu. Et elle me confie une jolie chose qui fait écho au livre : dans le cercueil, elle a glissé une lettre et une enveloppe timbrée. C’est très beau.
Ce genre de témoignage va si droit dans l’intention de ce roman.
L’autre fois, cet organisateur de salons littéraires qui n’a pas arrêté de me faire des blagues (vaseuses et maladroites) sur « mon » Goncourt, me confondant sans doute avec un précédent lauréat ( Jérôme Ferrari ? Alexis Jenni ?). Il faut vraiment avoir le moral bien accroché. Après, la bonne nouvelle, c’est que j’ai une tête de goncourable, je suppose.
Paris, la nuit. « C’est très réussi n’est-ce pas ? » questionne Clara. « Oui, dis-je. Réellement. » « Quel est pour toi le critère d’une fête réussie ? » me demande-t-elle. Je réponds : « Quand j’ai un métro direct ».
#writerslife
lundi 17 février 2020
85
Writer’s life (85)
Dans les trains, le visage des filles qui lisent.
Travail toute la matinée au café sur des chansons pour un téléfilm (commande). L’autre soir dans une fête j’avais mon casque, les écouteurs sur la nuque et le serre-tête barrant mon cou et une fille m’a dit que ça donnait une sorte de look sado-maso. Hum. Je crois que vouloir vivre aujourd’hui de son travail d’écrivain est un gage suffisant de sadomasochisme sans qu’il faille y ajouter un quelconque accessoire.
Pierre me parle du musicien Alex Puddu et de ce qu’il considère comme son chef d’œuvre : « The golden age of Danish Pornography ». J’écoute deux morceaux aux titres évocateurs : « The dirty games of Dr Love » et « Naughty girls at the wild party ». Des propositions de projets d’édition. Deux éditeurs distincts se disent très intéressés et me sollicitent pour mes writerslife. Cela me tente beaucoup évidemment, mais j’ai déjà un planning de sorties assez conséquent jusqu’en février 2022. Réfléchir à ce projet. Demander à X ce qu’elle en pense. Et puis, est-ce que mon goût en tant que lecteur pour les fragments, ou le journal intime en tant que genre littéraire, est suffisamment partagé pour atterrir en librairie ?
Ce qui me plaît également avec cette forme lapidaire des writerslife, c’est que je peux jouer avec l’ordre des péripéties (si je puis dire). C’est un peu comme au piano, on a tendance à retenir la dernière note jouée, celle qu’il est agréable d’harmoniser. Alors souvent, je planque le plus brûlant au début, en ouverture, parce que je sais que c’est la dernière phrase que la lecture retiendra. Je fais ça souvent. Souvent, mais pas toujours.
#writerslife
dimanche 16 février 2020
84
Writer’s life (84)
Abnousse me dit qu’elle a refusé plusieurs propositions de mariage. À chaque fois les types amenaient la proposition sur la table alors que l’histoire se terminait.
Revu avec plaisir Alain de la librairie Lucioles. Il aurait adoré organiser une lecture musicale de mon Beatles pendant le festival Jazz à Vienne mais s’est pris un refus de la part des organisateurs.
Lors de la rencontre au Hall du livre, Élise Fischer qui mène l’entretien me demande si je suis satisfait de toutes les choses que j’ai faites ou qui m’arrivent. Satisfait ? Mais, réponds-je, je ne suis jamais satisfait. C’est justement parce que je ne suis jamais satisfait que je fais des choses, que je vais de l’avant comme si je repartais toujours de rien. Je ne suis jamais satisfait de moi, et rarement des autres. Les gens satisfaits d’eux-mêmes se remarquent tout de suite, ils veulent séduire tout ce qui passe, courent après les honneurs (même en revendiquant le contraire) et pourrissent sur place.
Samedi matin, le compartiment de train rempli d’enfants (des petits garçons) qui pleurent à chaudes larmes d’être confiés à leurs grands parents et séparés de leurs mamans pour les vacances. Et moi, au milieu d’eux, déchiré de l’intérieur.
#writerslife
samedi 15 février 2020
83
Writer’s life (83)
À chaque période de ma vie, il y a peut-être trois quatre personnes qui font partie de mon écosystème. Quand elles ne sont pas là, je dépéris (en secret). Quand elles sont là, je m’illumine (en secret).
Il y a des auteurs qui ne parlent que des prix littéraires, même quand ce n’est plus la saison des prix. Tellement des-prix-mant !
Je suis entré dans une chambre d’hôtel non faite et ça m’a foutu le bourdon. Après, je n’avais plus trop envie de dormir dans le lit.
En marge de la rencontre à Bron, une femme me dit : « Vous avez fait tellement de choses, vous avez des supers pouvoirs ou quoi ? » Toujours répondre par l’étonnement à ce genre d’admiration et ne pas être trop déçu à la pensée que j’aurais pu faire encore + de choses en bénéficiant de + de notoriété ou si j’avais perdu moins de temps dans des projets sans avenir (Tellement de temps perdu, tous ces gens qui m’ont fait/me font travailler pour peanuts).
En atelier d’écriture, une étudiante trop mignonne qui fait un poème sur moi. Les deux premiers vers :
«Seul et bercé par le balancement de ses idées
Il attend tranquillement l’arrivée du métro. »
C’est tout à fait moi, sauf que j’attends plus ou moins tranquillement l’arrivée du métro...(quand il daigne arriver)...
#writerslife
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Writer’s life (274) Ce n’était peut-être pas le bon soir pour se rendre à un dîner (prévu de longue date) dans le quartier République-G...