Rivé au direct de France 2 puis jusque tard dans la nuit ai écouté la BBC Londres, le speaker avait ouvert l’antenne aux anonymes qui avaient rencontré une fois la reine et en conservaient une anecdote, une impression, un souvenir à partager. Des témoignages qui se bousculaient au standard, ponctués de chansons comme « Imagine » de John Lennon. Il y a quelques années, chaque fois que je me trouvais à Londres, il y avait un poste de radio Roberts dans une chambre d’hôtel. Alors, pour me sentir un peu à Londres, j’en ai acheté un en rentrant, et c’est sur ce poste que j’ai écouté l’émission. Le speaker a parlé de sa propre rencontre avec la reine, durant laquelle elle lui a confié que la radio était pour elle une source de chaleur et de puissance, qu’elle lui avait permis de tenir le coup, isolée avec sa mère dans une pièce du palais alors que les nazis déversaient leurs bombes sur Londres.
Journal de bord et réflexions d'un écrivain dans ce monde trouble, troublant, et troublé.
dimanche 11 septembre 2022
227
vendredi 9 septembre 2022
226
Je comprends les personnes qui ressentent la mort de la Reine d’Angleterre comme la fin d’un monde. Hier soir, c’est comme si la pomme du monde avait été coupée en deux à partir de cet instant précis, comme les moitiés de pomme sur les disques des Beatles.
mercredi 6 juillet 2022
225
Writer’s life (225)
lundi 4 juillet 2022
224
Je suis heureux d’être lauréat du prix d’aide à la création littéraire de l’Académie Française, ça change de toutes les fois où j’ai demandé des aides à l’écriture au CNL sans les obtenir et m’obligeant, en plus, à me farcir les commentaires désobligeants sur mon travail de tel ou tel écrivain obscur présidant la commission d’aide.
dimanche 3 juillet 2022
223
Juliette (D) sur qui je tombe rue Huyghens me dit : « Te croiser de bon matin, ça met de la Soupline dans la journée. » Terminé et rendu les épreuves de la Ballade de Pattie, George et Eric. Encore une semaine de rendez-vous parisiens puis un mois et demi ferme d’écriture pour la V1 d’un prochain roman. Mais, comme souvent, le livre est déjà en train de s’écrire avant que je ne m’y mette réellement. Des morceaux de dialogue me viennent dans la journée, s’assemblent sans que je m’en préoccupe encore, les sentiments que me procurent telle ou telle rencontre trouvent leur place naturelle dans les hautes herbes du texte en friche. Parallèlement, le travail sur de nouvelles chansons prend de l’ampleur. Il y a un titre, une sorte de single, qui met tout le monde d’accord. Il en faudrait bien trois autres.
mercredi 22 juin 2022
222
jeudi 2 juin 2022
221
Quand je prends le train Gare Saint-Lazare et que le siège que j’occupe est situé du bon côté de la voie, je peux voir la fenêtre de la cuisine de l’appartement où j’ai vécu avec mes parents jusqu’à l’âge de huit ans. La cuisine, et de l’autre côté la chambre que m’avaient laissé mes parents, la grande salle de séjour où ils dormaient sur un canapé lit, et le couloir qui desservait cuisine et salle de bains. Je voudrais me projeter à l’intérieur de cet appartement, retrouver mes parents, pouvoir lire dans ma chambre avec la protection de les savoir dans la pièce d’à côté. Tout était plus simple, pour l’imaginaire et la réalisation de cet imaginaire, quand j’avais mes parents dans la pièce d’à-côté. J’ai eu l’inestimable privilège de grandir entouré de deux êtres absolument simples et optimistes, équilibrés et généreux, et c’est pourquoi hors leur présence j’ai souvent eu a enduré la déception, je suis sensible à l’égoïsme, l’opportunisme, la bassesse, la bêtise, la violence ou la méchanceté chez les autres qui me sautent toujours aux yeux comme des choses qui appartiennent au monde après mes parents, au monde où il a bien fallu que je continue à évoluer en leur absence.
lundi 30 mai 2022
220
Writer’s life (220)
lundi 23 mai 2022
219
Writer’s life (219)
jeudi 19 mai 2022
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Très bon travail avec Pierre des éditions « Le Mot et le reste » sur les corrections du livre qui sort en septembre. À un moment, j’ai écrit dans un dialogue : « Ceux qui s’épousent font une sorte de noeud au mouchoir du temps ». Et Pierre note en commentaire dans la marge : « Un peu trop imagé pour une discussion entre copines ? » Je lui réponds : « Mais, voyons… toutes mes copines parlent comme ça ! »
mercredi 11 mai 2022
217
Ce serait bien qu’il y ait chaque année un mercato des autrices et des auteurs comme il y en a un pour les footballeurs. Il y aurait le You’ll never walk alone puis des stades entiers qui se mettraient à lire. Bon, déjà, s’il y avait comme pour les musiciens, un droit à l’intermittence, ce serait une avancée considérable. Une avancée considérable sur le rien.
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Writer’s life (274) Ce n’était peut-être pas le bon soir pour se rendre à un dîner (prévu de longue date) dans le quartier République-G...