samedi 31 octobre 2020

155

 Writer’s life (154)


Tellement envie que 2021 arrive que pour la 1ère fois de mon existence j’aimerais que le 31 décembre survienne avant noël. 
Lors du premier confinement en mars j’ai glissé dans les escaliers et ai encore de vives et lancinantes douleurs au bras droit, ce coup-ci c’est un mal de dos qui ne me lâche pas, comme si on m’avait coupé les ailes en plein vol (ce qui est assez plausible par ailleurs).
J’ai l’impression que la situation m’a replongé en enfance, je suis dans ma chambre avec ma guitare électrique, mes livres, la télévision dans la pièce d’à côté, les histoires que j’invente (autrefois sur la moquette avec mes figurines, aujourd’hui sur l’écran d’ordinateur dans mes livres), le gouvernement parental me dit « va jouer une heure dehors et reviens pour dîner », c’est juste que le gouvernement prend des mesures beaucoup plus incohérentes que celles qui ont gouverné mon enfance (et contribué à ma stabilité mentale), et que j’ai des problèmes matériels d’adulte dans une chambre d’enfant, quelque chose comme ça. Si tout doit agir par sphère, peut-être reviendra le temps éclaté de la post-adolescence, les bars, les soirées, les samedis soirs à partir du mercredi ou du jeudi soir. Il y a une époque où je suis quand même sorti tous les soirs, l’époque du Baron, du Paris-Paris (j’étais plus au Paris-Paris qu’au Baron, + bon enfant, moins de cuistres m’as-tu-vu qui se prenaient pour les princes de la ville), la fille de l’entrée m’ouvrait le cordon VIP, j’avais fait un disque - Comme elle se donne - et étais un tout petit peu connu (suffisamment peu pour conserver un minimum d’élégance). Cette période où je pourchassais des amours fuyantes, des baisers aussi fugaces qu’étincelants, des filles mystérieuses qui se donnaient aussi furieusement qu’elles s’échappaient, des amours sous le manteau (avec les mains, sous le manteau). C’était comme se tenir sur le bord d’une falaise. Le jour d’après, les gens se mariaient sur un coup de tête, faisaient des enfants, rejoignaient une autre sphère. Et moi je me tenais là, travaillant sur des choses qui selon moi en valaient la peine(du moins, ma peine) avec pour seules rampes dans la nuit, Paris et ma mélancolie

vendredi 30 octobre 2020

154

 Writer’s life (154)


Je dirais que je suis chrétien, parmi mille autres choses qui font partie de ce que je suis je suppose, par ma culture et mon éducation principalement, par ma mère qui était très croyante et venait d’une famille belge très catholique, je suis donc passé par tous les sacrements (m’étant arrêté à la confirmation - il y a le mariage après et il y a quand même des limités à ma crédulité - (je déconne)), ayant assisté deux fois par an aux bénédictions Ubi et Orbi des papes successifs avec ma maman qui ne les auraient manqué pour rien au monde, ayant passé mes dimanches à bailler à l’église attendant le moment de la communion pour aller retrouver une fille de mon âge qui me plaisait dans la ribambelle des fidèles vers l’autel, etc. etc. je reste perplexe en lisant le message du pape hier, après ce nouvel attentat, message que je trouve toujours d’une douceur irréaliste. Il dit : « Que le peuple français puisse réagir au mal par le bien » ; j’ai toujours envie de demander : «Est qu’on peut bien réagir au mal par le bien ? ». Je m’en ouvre ce matin au téléphone à Bernard (Lecomte) qui me répond : mais c’est le message de L’évangile, le Pape ne peut pas dire autre chose, s’il n’y pas ce message du bien qui est la réponse absolue au mal, il n’y a pas de christianisme et c’est pour cette raison que le christianisme a perduré plus de 2000 ans. 
Très éprouvé aujourd’hui par l’annonce du décès de Jean-Marie Moreau, un auteur qui s’est toujours battu dans le cadre de ses fonctions à la Sacem pour le droit (si fragile, si piétinable)des auteurs. Je n’arrive pas à croire que je ne verrais plus Jean-Marie. Encore une nouvelle pénible dans un monde à la limite du supportable. 
Au téléphone, Sarah( Briand) me demande comment je me sens. « Empêché ». Voilà, comment je me sens, lui dis-je. Déjà en temps normal, la plupart du temps, alors…
Travailler sur mon « Petit éloge du baiser » par ces temps sombres de confinement équivaut sans doute à ressentir une expérience comparable à celle de Victor Hugo en exil à Guernesey en train de bosser sur les Misérables. C’est du moins comme ça que je le vois. 

#writerslife

mardi 27 octobre 2020

153

 Writer’s life (153)


Je viens de lire un extrait d’interview de cette actrice qui déclare : «Je ne me suis jamais sentie offensée parce qu’un homme portait un regard bestial sur moi ». Je pense aux situations, innombrables où j’ai observé le regard bestial, nourri d’intentions bestiales, des hommes courir ou se fixer sur des filles. Dans des soirées, dans la rue, dans d’autres circonstances. À chaque fois, sans savoir d’où ça me vient, je me suis senti et me sens encore terriblement offensé. Pour la fille, à sa place, ou avec elle, ou pour moi, ma place dans ce monde (ou dans cette fête), je ne sais pas pourquoi, peut-être parce que tout d’un coup je suis en face d’un déni de civilisation, d’une vulgarité et d’une brutalité qui me révulsent, c’est une constante, depuis l’enfance, l’adolescence, le moindre regard bestial porté sur une femme me blesse et me révolte à la fois, j’ai des envies de duel que je ne provoque pas inconsidérément car pour paraphraser le Prince de Ligne, c’est déjà suffisamment un calvaire de supporter de son vivant les abrutis il ne manquerait plus que de périr de leur main, bref, je réfléchis à mes propres réactions d’effroi et de dégoût, en lisant l’interview de cette actrice, et sans tomber dans un excès genré toujours stupide, d’autant que j’ai déjà vu des filles se comporter tout autant bestialement avec d’autres filles, pourquoi me sens-je offensé dans ma « nature humaine » comme dit Serge (Joncour), pourquoi ai-je des envies de protection, de passer mes bras autour de la fille et de l’empêcher d’aller à l’abattoir même dans le tranchant d’un seul commentaire ou d’un regard ?
Les tournées (littéraires) me manquent - « It’s a goddam possible way of life » comme dit Robbie Robertson à la fin de The Last Waltz - moi qui peux me sentir la fois entier et morcelé, le mouvement de ces tournées me répare. L’intérieur de mon prochain livre en attendant, où je me retrouve tout entier. 

#writerslife

lundi 26 octobre 2020

152

 Writer’s life (152)


Encore à travailler sur mon prochain roman, j’ai du mal à le quitter (pire qu’un arrachage de dent). Il faudrait faire à chaque fois le livre qui nous ressemble le plus et qui nous trahit le moins. Je vais le dire comme ça, c’est mieux : mon prochain livre sera le livre qui me trahit le moins et me ressemble le plus. C’était déjà le cas du précédent, La petite sonneuse de cloches, mais il faut à chaque fois se donner + fort je crois. Du moins préciser qui on est dans ce monde flottant. Quand on écrit, il faudrait que ce soit le livre qui nous ressemble le + parmi les livres que l’on a déjà écrit, ceux qu’on a lus et qu’on vient de lire, et ceux dont on se souvient, et ceux aussi qu’on aime avoir avec soi. Je pense que je préfère écrire des livres qu’on aime garder non loin de soi plutôt que des livres dont on se souviendrait de l’intrigue ou de tel passage. Je préfère qu’on se souvienne vaguement d’un passage mais qu’on ressente l’envie de garder le livre avec soi. Comme un talisman, en quelque sorte.
Parallèlement au roman, je travaille aussi au Petit éloge du baiser. C’est compliqué de travailler sur un tel livre dans une période de couvre-feu, pour la raison qu’un baiser c’est l’opposé du couvre feu. Un baiser, c’est une illumination. Ça doit jaillir, produire du feu. Illuminer tout. C’est du charbon pour le coeur. 
Forte inquiétude d’un confinement pile pour la sortie d’Alcie. Le premier épisode a été tellement massacré et je crains qu’il n’y ait pas d’épisode 3 si le deuxième ne trouve pas son public. Or, le livre sort le 12 novembre et comme pour le premier, le 12 mars dernier, le reconfinement pointe. C’est un livre avec des choses si intimes dedans aussi, ça me brise le coeur d’avoir si peu d’écho. Et puis j’ai déjà vécu ça au moment de la sortie de la Princesse.. avec le cirque des gilets jaunes, les gens qui n’allaient pas en librairie préféraient par internet - et sans les conseils essentiels des libraires - se réfugier sur des valeurs sûres comme le nouveau Lucky Luke, ce genre de trucs. C’est vraiment une sale période pour les créateurs et une sale période tout court. 

#writerslife

mardi 20 octobre 2020

151

 Writer’s life (151)


13h, traversant le boulevard Haussmann côté Miromesnil, toutes ces filles qui font une pause clope à la sortie des bureaux. Me vient à l’esprit la question identique à celle que je me posais à vingt ans : « Mais quelle est leur vie ? Mais elles sont avec qui ? »
La phrase sans doute la plus prononcée de toute sa carrière par un agent de la SNCF sur la ligne Paris-Deauville : “Je vous remercie de votre compréhension.”
Je reste fasciné par «Le chardonneret » de Donna Tartt (j’aime beaucoup le film aussi, plutôt mésestimé), et pourtant que dire de ce livre ? C’est un peu long, voire très long parfois, un peu chiant, ça tourne en rond, avec des accélérations impromptues, et en dépit de cela il y a une poésie et un univers qu’on ne trouve pas ailleurs. Je pense que même avec deux, ou dix personnages peu importe, si vous arrivez à installer une poésie et un univers qu’on ne trouve pas ailleurs (traversés de quelques phrases fuselées comme des caravelles), la littérature est là, c’est gagné. 
Deux qualités essentielles je crois pour s’en sortir quand tout vous atteint pour un rien : avoir du bon sens et savoir faire de l’esprit.
Il y a quelques années que je n’ai plus de parents, et c’est une réalité qui n’est pas vraiment palpable avec les personnes proches ou que je fréquente pour qu’elle puisse me définir ou que je l’évoque avec la densité de tristesse dans laquelle elle me cueille parfois, mais tous les soirs vers six heures trente, à l’heure où je les appelais, six heures trente ou plus tard, cette réalité peut me sauter à l’esprit, me noyer tout entier.
Oui, c’est vrai, j’ai ralenti et calculé ma marche pour être en mesure de croiser cette jolie blonde qui sortait d’un immeuble de l’avenue Bugeaud.

#writerslife

dimanche 18 octobre 2020

150

 Writer’s life (150)

C’est le cent cinquantième writer’s life, une petite oeuvre en soi, j’imagine.
Malgré les menaces dont faisait l’objet le bien courageux professeur d’Histoire de Conflans Sainte-Honorine, J.M. Blanquer déclare au JT de France 2 : « Personne ne pouvait imaginer qu’il allait être assassiné ». Je trouve ça terrible qu’un ministre de la République puisse dire ça, donner l’impression qu’il a si peu conscience de l’époque dans laquelle nous vivons.
Il y a encore quelque temps, les gens qui n’y connaissent rien et fantasment sur la rémunération des artistes, réduite à une peau de chagrin (Hum, heureux les chagrins qui ont une peau) depuis l’effondrement des ventes de disques, disaient : « Oh mais ils se rattrapent sur les concerts...». Eh bien voilà, maintenant, il n’y a même plus de concerts. Rien ne rattrapera rien qui ne rattrapait pas.
Annaëlle me dit, à propos de la crise sanitaire, et la manière dont les revenus, les projets et les perspectives, ont été décimés cette année : « Ce dont on ne parle pas et qui n’est pas quantifiable, c’est l’inspiration. L’inspiration aussi a été décimée. L’inspiration, on la trouve justement dans les interactions, en sortant, en vivant, en rencontrant les autres. C’est cet évanouissement de l’inspiration qui n’est pas quantifiable et qui est aussi dommageable que tout le reste. » Je partage totalement ce point de vue. Et sais bien que l’inspiration vient dans les frôlements, les écarts, et les rapprochements. Dans tout ce qui est possible, impossible, ou exaucé. 

#writerslife

jeudi 15 octobre 2020

149

 Writer’s life (149)


Dans le petit supermarché où je fais quelques courses il n’y a jamais (sauf à Noël) beaucoup de personnel, et il n’est pas rare qu’au coeur de l’après midi une file d’attente se forme devant l’unique caisse ouverte. À partir d’un certain nombre de personnes patientant et commençant à râler, la possibilité d’une deuxième caisse s’ébruite et là, dès l’annonce de l’ouverture, c’est la ruée des clients qui étaient dans la file. La plupart, même derrière moi, se précipite allègrement, le sourire aux lèvres d’avoir doublé tout le monde. Chez les vieilles personnes, ou disons d’un certain âge, il y a celles revêches et méchantes qui bien qu’arrivées dans les dernières vous doublent en vous toisant, se précipitant au risque de se briser quelque chose, et celles comme les petites mamies au chariot rempli qui disent : « Oh, ça ne sert à rien, on préfère rester là ». Je leur propose de passer avant moi, voire de les escorter jusqu’à la deuxième caisse, et elles me répondent : «  Non, c’est gentil, mais allez-y. » « Oh mais j’ai tout mon temps, réponds-je, je suis écrivain. Et en ce moment précis, je suis même en train de travailler. De voir ces personnes détestables qui étaient derrière vous et se sont précipitées pour vous doubler, me donne envie de revenir avec plus d’ardeur encore à mes livres dans lesquels je situe un monde plus supportable de mon point de vue. »
À dix ans déjà, je m’entends précisément dire à mes camarades de jeux : « Ma perplexité gagne du terrain »
Temps inquiets, tourmentés, cafardeux, incertains de toutes parts. Je m’accroche à mon roman, le termine, le peaufine. Dans quelques jours, je pourrais le faire lire. 

#writerslife

mercredi 30 septembre 2020

148

 Writer’s life (148)


Le motif permanent - depuis… outch, belle lurette, de ma silhouette arpentant de nuit les rues de Paris et me cognant (bon, c’est + un frôlement) à d’autres silhouettes surmontées d’un visage, tendues sur la pointe d’un sourire. 
L’ambiance de couvre-feu à Odéon dès la fermeture des bars à 22 heures. Des jeunes gens qui n’ont pas envie de rentrer si tôt, qui errent. Enfin, ils n’errent pas réellement. Ce sont des jeunes gens du sixième, quoi. 
Lors du débat à Livres en vignes sur la littérature jeunesse avec Marie-Lorna j’ai dit que j’écrivais pour les enfants qui ne sont pas des enfants comme les autres. Qui ont l’âge d’une sensibilité sans âge, en quelque sorte. Hé bien je pourrais ajouter que comme presqu’aucun enfant ne se sent un enfant comme un autre (dans cette expérience sur la terre), il se peut qu’au bout du compte j’écrive pour tous les enfants. 
Maude m’a dit : « Ce qui est fort avec tes « writer’s life » c’est qu’à la fois tu dis des choses très précises et en même temps c’est toujours nimbé de beaucoup de mystère. » 
Parfois je me sens comme cette guêpe sur le strudel fromage et fruits de la pâtisserie viennoise de la rue de l’Ancienne Comédie : ivre d’un horizon et prisonnière de la vitre. 
Marie-Hélène me demande : « Eh bien, alors, qu’est-ce qui se passe dans les salons du livre ? Plus personne ne peut s’embrasser ? Le soir, dans les chambres, il ne doit plus rien se passer. C’est : « Bonne nuit », « bonne nuit »… » 
Oui, lui dis-je. Quelle tristesse. 

#writerslife

mardi 29 septembre 2020

147

 Writerslife (147)


Il y a plusieurs semaines j’ai été interviewé par une personne qui n’avait pas lu le livre pour lequel j’avais été sollicité (les surprises arrivent, quand elles se répètent un peu, le goût de la surprise disparaît), et ce qui m’a gêné durant l’entretien (fort pénible pour moi et qui a duré un bon bout de temps) c’est cette forme d’arrogance de croire que « sa personnalité », « l’angle si personnel et original, intime etc.» de son approche va suffire à faire le show. Je veux dire, pas tant que cette personne pense que sa personnalité peut remplir l’espace et embarquer son invité où elle le souhaite (pourquoi pas, l’auteur n’est qu’un passager dans la succession de personnes qu’elle reçoit), mais qu’elle estime qu’elle n’a pas besoin de lire le texte, que sa personnalité peut supplanter le texte, le remplacer, en faire abstraction. Qu’un quatrième de couverture suffit… Et bien sûr, il y aura toujours des personnes pour louer son talent, la manière exceptionnelle dont elle arrive à soutirer des choses intimes à l’auteur etc. Sauf que, pour ma part, je lui ai donné des cartouches pour qu’elle me lâche la grappe et j’avais honte pour moi qui étais acculé sur un terrain où je n’avais pas envie d’aller, pris contre un mur, donnant mes bouts de viande à un fauve, et honte pour elle qu’elle n’ait même pas eu la décence de parcourir mon livre. Cette anecdote me donne à penser aussi pourquoi je ne fais pas de jeunisme. Quand j’ai sorti mon premier roman, des types de mon âge m’interviewaient de manière totalement superficielle et égotique, et leurs questions ne valaient en rien l’intensité, la profondeur et la pertinence de la moindre petite mamie de soixante dix ans qui travaille bénévolement pour RCF. 
Passé toute la matinée à écrire (prochain roman). Bien. Après avoir parlé à Charlotte hier, je trouve le bon rythme.
Lors de ma lecture musicale sur le livre des Beatles, dimanche dernier, à Livres en vignes, j’ai dit qu’aujourd’hui la société ne nous donnait pas les moyens d’avoir ou de conserver la douceur de Paul, qu’elle nous forçait à éprouver la douleur et la rage de John. Quelque chose comme ça. 

#writerslife

lundi 28 septembre 2020

146

 Writerslife (146)


Je suis toujours surpris en constatant à quel point la notoriété rend des personnes au départ réservées et sympathiques absolument péremptoires et dogmatiques. 
Une lectrice me dit à propos des Beatles : « On pourrait passer des nuits à parler d’une seule de leurs chansons. »
J’apprends d’un bloc, j’oublie d’un trait, je retrouve un peu (dès que je peux toucher à un piano)
Interview pour une journaliste d’Autoroute FM, à la question : Votre plus beau souvenir de voyage en voiture, je parle des dimanches soirs de la petite enfance, au retour d’un week-end à la campagne où je m’endormais sur la banquette arrière et, une fois arrivé à la Garenne-Colombes, ma mère me soulevait dans ses bras pour me conduire directement jusqu’à mon lit sans que j’aie à subir les désagréments de la transition. 
Dans la nuit j’ai aimé le moment où avec Erwan nous sommes allés délivrer Maude et ses bottes rouges. 
Après ma lecture musicale à Livres en vignes, une femme vient se faire dédicacer un de mes livres et me dit, des étoiles dans les yeux : « J’espère que vous écrivez aussi bien que vous chantez. » Wow. Ça fait longtemps que je n’avais pas entendu un compliment comme ça. Longtemps, voire jamais. 
À vingt ans, je pensais que les rues de Paris (mon triangle des Bermudes : Raspail, St-Germain, Saint-Michel) étaient aptes à guérir ma haute mélancolie, tout ce qui s’interrompt, n’aura pas lieu, me blesse, me sépare. Je ne le crois plus maintenant.

#writerslife

jeudi 17 septembre 2020

145

 Writerslife (145)


Je réécris de fond en comble le roman qui m’occupe depuis plusieurs mois, une troisième version pour bientôt, trente pages en deux jours dans une fièvre intense et que rien n’atténue, un bon rythme. 
Après les premiers mois de l’année, la sécheresse et le coup de massue du confinement, toutes les promesses du printemps envolées, je reçois en ce mois de septembre de bonnes nouvelles, des projets concrets à venir ( ce qui change des dates et des déplacements qui continuent malheureusement à s’annuler pour la plupart). Chaque fois que je reçois une mauvaise nouvelle, je pense que je n’y ai pas droit. Chaque fois que je reçois une bonne nouvelle, j’agis comme si je n’y avais pas droit. 
Ce que je mets de moi dans un roman : tout en totalité + les yeux de qui me plait + le désir irrépressible + un peu d’humour salutaire.
Vendredi dernier à Nancy lors de la rencontre au lycée Claude Dunot, une étudiante me fait remarquer la poésie des titres de chapitres dans Alcie. Je traite toujours ce genre de titres comme un répertoire de chansons, une set-list idéale, c’est une part créative aussi importante que le texte alors ça me fait vraiment plaisir quand ce travail est remarqué.
Je corrige les épreuves du prochain Alcie qui sort en novembre et ce que j’aime dans ce personnage, c’est la manière dont réagit l’héroïne de huit ans, la façon dont elle me permet au cours du récit de la faire réagir. Par exemple, sa mère lui dit : « Voyons, sois raisonnable ! » et Alcie répond : « Mais si on était tout le temps raisonnable, il n’arriverait jamais rien d’intéressant. On laisserait tout le temps faire. Et les gens malintentionnés en profiteraient pour faire n’importe quoi ! »

#writerslife

274

  Writer’s   life (274) Ce n’était peut-être pas le bon soir pour se rendre à un dîner (prévu de longue date) dans le quartier République-G...